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Tomates et fraises de supermarché laissent les Français sur leur faim

La CLVC dénonce l'arnaque des tomates côtelées, souvent nommées coeur de boeuf alors qu'il s'agit de variétés hybrides.

La CLVC dénonce l'arnaque des tomates côtelées, souvent nommées coeur de boeuf alors qu'il s'agit de variétés hybrides. - Georges Gobet - AFP

Ces deux fruits emblématiques de l'été sont loin de satisfaire les papilles des consommateurs, selon une enquête menée par la CLCV. Même les variétés les plus chères sont souvent décevantes sur le plan gustatif.

Retrouver le goût des fruits et légumes d'été, on en rêve tout au long de l'hiver. Pourtant, aux beaux jours, les papilles sont rarement à la fête. Et y mettre le prix fort n'est pas à coup sûr un gage de qualité, au vue de l'étude réalisée par la CLCV (1). L'association de consommateurs s'est penchée sur les deux stars de nos tables d'été, que sont les tomates et les fraises.

Commençons par le fruit qui se marie le mieux avec la Mozzarella. Le prix moyen en grande surface des tomates s'élève à 2,6 euros. Mais certaines variétés s'affichent jusqu'à 7,5 euros le kilo. Des prix en légère hausse par rapport à 2014. Mais ce n'est pas ce qui chagrine le plus les consommateurs. Le panel à qui la CLCV a fait goûter différents types de tomates achetées en grande surface n'est globalement pas sorti emballé par cette séance de dégustation. 28% des "testeurs" ne les ont pas aimées et 34% les ont jugées "ni bonnes ni mauvaises".

Les tomates les plus chères ont été légèrement plus appréciées. Mais avec une exception notable: les variétés côtelées, présentées comme des "cœur de bœuf", alors qu'il s'agit en fait de variétés hybrides. Vendues au prix fort, "elles sont tout aussi décevantes que leurs concurrentes", note l'association, qui aimerait bien voir disparaître ce subterfuge marketing grâce à un renforcement des contrôles.

Des fruits beaux mais insipides

Du côté de la fraise, les consommateurs sont à peine plus satisfaits des barquettes achetées en supermarché au prix moyen de 7 euros du kilo. 31% trouvent celles qu'on leur a fait goûter "ni bonnes ni mauvaises". Et 16% ne les ont pas aimées.

En revanche, les différences de prix apparaissent plus justifiées. A partir de 8,20 euros le kilo en moyenne, les barquettes testées obtiennent un haut niveau de satisfaction. Et les gariguettes apparaissent comme les préférées des consommateurs.

Au-delà des prix, c'est aussi le circuit de distribution qui permet d'assurer une bonne qualité gustative aux produits. Le rayon fruit des grandes surfaces est loin d'apporter satisfaction: seulement 42% des consommateurs jugent que les produits achetés dans ces étals sont bons voire très bons. Le manque de goût de sucre ou de maturité sont parmi les reproches les plus fréquemment formulés. "Les fruits en GMS sont beaux mais insipides" a résumé l'un des consommateurs auprès de la CLCV.

Coralie Cathelinais