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Prix du lait: éleveurs et grande distribution s'interpellent

Le prix du lait a atteint un niveau record en 2013.

Le prix du lait a atteint un niveau record en 2013. - -

Lors du salon de l'agriculteur, qui ouvre ses portes ce 22 février, le prix du lait est un des sujets sensibles abordés par les professionnels. François Hollande a même été pris à partie par un éleveur lors de sa visite ce matin.

Le Salon de l'agriculture ouvre ses portes ce samedi 22 février, à Paris. Les éleveurs laitiers ont appelé la grande distribution à la responsabilité, avant la fin des négociations commerciales jeudi sur le prix du lait pour l'année à venir.

François Hollande a d'ailleurs été interpellé sur le sujet lors de sa visite sur le salon ce matin. "Quand le prix du lait baisse en Allemagne, il baisse ici et quand il remonte en Allemagne il ne remonte pas en France", s'est agacé un éleveur des Pays de Loire. Le président se retourne alors vers son ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, lui disant: "Stéphane faut négocier, faut négocier".

Les éleveurs se plaignent, en effet, d'un prix d'achat inférieur au marché. Le prix du lait payé au producteur est d'environ 400 euros les 1.000 litres, mais "la réalité est tout autre, de l’ordre de 335 euros", affirme Ludovic Blin, président de la section lait de la FDSEA de la Manche, dans Ouest France.

Répercuter la hausse sur les consommateurs

Les industriels appellent, eux, à une prise de conscience des distributeurs. Leur filière est dans l'impasse. D'un côté, le prix du lait flambe en raison d'une demande toujours plus forte, notamment en provenance de Chine. En 2013, il a augmenté de 9% et atteint aujourd'hui un niveau record.

Et de l'autre, une guerre des prix dans la grande distribution fait qu'en rayon, le prix moyen des produits laitiers a baissé de près d'1% sur la même période. Entre les deux, des industriels qui voient rouge. Leurs marges ne cessent de diminuer.

La Fnil, qui les représente, appelle les distributeurs à une prise de conscience. Hier, jeudi 20 février, c'est le patron de Danone qui en a remis une couche. "Il n'y a pas le choix, il faut répercuter la hausse aux consommateurs".

Seul le patron de Système U est dans la même logique. Pour les autres distributeurs, Carrefour, Casino et Leclerc notamment, ce n'est pas encore le bon moment, en raison d'une consommation atone et d'un faible pouvoir d'achat. Selon Franck Riboud, la solution ne peut être que politique.

Hélène Cornet avec BFMbusiness.com