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Bras de fer entre éleveurs laitiers et grande distribution

Les éleveurs laitiers français réclament une hausse de trois centimes du prix par litre de lait.

Les éleveurs laitiers français réclament une hausse de trois centimes du prix par litre de lait. - -

Agriculteurs et éleveurs multiplient les actions contre des prix jugés trop bas imposés par le grande distribution. Jean-Marc Ayrault s’est voulu rassurant, ce 12 avril, annonçant des changements de règles dans la future loi sur la consommation.

Les agriculteurs manifestent à travers toute la France ce vendredi 12 avril, à l’appel des syndicats paysans. Interrogé à ce propos sur RTL ce vendredi, Jean-Marc Ayrault s’est dit prêt à "donner des garanties aux producteurs", qui sont, selon lui, "dans une position de faiblesse dans les négociations face à la grande distribution".

Le Premier ministre a poursuivi: "s’il faut prendre des mesures transitoires, nous les prendrons". "Il y aura des dispositions législatives. Le 24 avril, le ministre Benoît Hamon présente son projet de loi sur la consommation", a-t-il rappelé.

Mais il n’est pas sûr que cela suffise à calmer les agriculteurs, qui dénoncent les prix trop bas fixés par la grande distribution, et qui ne couvrent plus les prix de production. Xavier Beulin, président de la FNSEA, premier syndicat agricole français, accuse le "système mafieux" de la grande distribution.

10.000 producteurs de lait en faillite

Les principaux touchés sont les éleveurs laitiers. D’après un représentant de la Confédération paysanne, repris par Ouest-France, 10.000 producteurs de lait sont en situation de faillite sur les 74.000 que compte la France.

La hausse des prix des céréales et du fourrage de ces dernières années ont fait augmenter les coûts de production des éleveurs. Leurs charges auraient gonflé de 30 euros pour 1.000 litres, alors que les prix du lait, eux, sont restés quasiment stables.

La faute du consommateur?

Les éleveurs laitiers réclament une hausse de trois centimes par litre. Le ministère de l’Agriculture a lancé une table ronde sur la filière le 8 avril, mais la négociation bloque sur la proposition de grandes enseignes de distribution, Auchan, Carrefour, Casino, Cora et Monoprix.

De son côté, la grande distribution affirme que le problème vient du consommateur, qui cherche les prix bas et "ne veut pas débourser un centime de plus" pour l’alimentaire. La part consacrée à l’alimentaire dans le budget des ménages français est passée de 30% en 1975 à moins de 15% en 2011.

Audrey Dufour avec AFP