BFM Business

Pourquoi vous allez payer votre électricité bien plus cher au printemps

La hausse d'au moins 5,9% du tarif réglementé interviendra le 1er mai ou le 1er juin 2019, la date définitive n'étant pas encore arrêtée.

La hausse d'au moins 5,9% du tarif réglementé interviendra le 1er mai ou le 1er juin 2019, la date définitive n'étant pas encore arrêtée. - Damien Meyer-AFP

L'augmentation de 5,9% du tarif réglementé d'électricité s'appliquera en mai ou juin aux 26 millions de clients concernés. Ce sera près de 90 euros par an en moyenne pour un foyer dépensant 1500 euros pour se chauffer. Un rattrapage dû au décalage de la hausse, prévue au départ au 1er janvier 2019, risque aussi de s'ajouter à la facture.

Le consommateur d'électricité, bénéficiaire du gel du tarif réglementé durant l'hiver, aura une mauvaise surprise dans le courant du printemps. La hausse initialement prévue de 5,9% au 1er janvier 2019 devra être rattrapée "aussitôt que possible", a rappelé la Commission de régulation de l'énergie (CRE).

"Le gouvernement prend acte de la délibération de la CRE", a réagi le ministère de la Transition écologique. "Le gouvernement, comme la loi l'y autorise, n'appliquera pas ces hausses tarifaires tant que la période de chauffe hivernale ne sera pas terminée, afin de protéger les foyers français, notamment les plus modestes". Mais la hausse prévue s'appliquera bien, aucune mesure visant à diminuer les taxes applicables pour compenser l'augmentation du tarif réglementée, n'étant envisagée par le gouvernement.

La hausse s'appliquera au 1er mai ou au 1er juin

Reste à déterminer à quelle date précisément la hausse de 5,9% sera appliquée aux 26 millions de foyers concernés. Fin janvier, le ministère de la Transition écologique avait indiqué qu'il utiliserait le délai légal de trois mois dont il dispose, soit jusqu'au 1er juin, pour appliquer la proposition d'augmentation.

Concrètement, la hausse tarifaire, qui prend effet en général le premier jour d'un mois, devra donc s'appliquer au plus tôt le 1er mai, ou au plus tard le 1er juin prochain, sachant qu'à la date du 1er août une nouvelle révision du tarif réglementé se profile, comme chaque année.

Un rattrapage de la hausse des prix du marché de gros pendant le gel des tarifs

Mais l'autre mauvaise nouvelle pour le consommateur vient du fait que le régulateur de l'énergie a aussi précisé qu'il intégrerait dans ses prochaines propositions tarifaires "une composante additionnelle visant à rattraper le retard en masse occasionné par ce décalage temporel".

En clair, le futur tarif applicable devra aussi tenir compte de la hausse du prix du marché de gros d'électricité (base du calcul du tarif réglementé) survenue pendant la période du gel des tarif voulu par le gouvernement. C'est donc une hausse printanière à double détente qui risque d'affecter la facture acquittée par le consommateur d'électricité...

Une association de consommateurs, la CLCV, a prévu, si l’État venait à suivre la recommandation de la CRE, d'attaquer la hausse des tarifs devant le Conseil d’État pour demander l’annulation de la hausse de tarif et le remboursement aux consommateurs du trop-perçu par l’opérateur. 

Frédéric Bergé