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Pourquoi La Grande Récré n'a pas peur d'Amazon

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VIDÉO - Toys'R Us s'est placé en faillite, et les géants du e-commerce se taillent une bonne place sur le marché du jouet. Mais La Grande Récré croit en son avenir, et c'est pour cela qu'elle ouvre son capital, explique son PDG sur BFM Business.

Quelques semaines après le placement en faillite du leader mondial du jouet, Toys'R Us, et à quelques semaines de Noël, La Grande Récré annonce ce lundi ouvrir son capital à un partenaire majoritaire. Si la famille fondatrice s'apprête à céder le contrôle de l'entreprise, c'est pour se donner les moyens d'aller à l'offensive, affirme Jean-Michel Grunberg, le PDG et fils du fondateur, sur BFM Business ce lundi.

Les spécialistes du jouet conservent 41% du marché en 2017, mais cette part baisse, alors que celle des marketplaces en ligne, 26%, connaît une croissance à deux chiffres, selon les derniers chiffres de NPD. Mais La Grande Récré, elle, n'a pas peur d'Amazon: fondée en 1977, elle en a vu d'autres, raconte Jean-Michel Grunberg.

"On est né à côté des grands supermarchés -les pires discounters qui existaient à l'époque- ensuite on a dû affronter l'arrivée d'un géant américain (Toys'r Us) qui se définissait comme un category killer. Quand il est arrivé, nous avions 5 magasins, nous en avons plus de 200 aujourd'hui. Et actuellement, on affronte les pure players d'internet, auxquels on s'adapte aussi, parce que c'est notre nature d'entreprise entreprenante".

Une "très forte croissance en France"

Ainsi, l'ouverture du capital à un partenaire majoritaire, "ce n'est pas du tout défensif, c'est complètement offensif". Le groupe compte ainsi "accélérer la mutation de l'entreprise vers l'omnicanal et la franchise", souligne son PDG. Dans le détail, le groupe compte se déployer encore en France: "On a 200 magasins, on en vise 300 à l'horizon 5 ans. On prévoit de passer de 10 à 15% de part de marché grâce au développement de flagship comme on en a ouvert à Parly 2 sur 2000 mètres carrés, mais aussi grâce à la franchise".

La France où déjà, le groupe innove en matière de ce que La Grande Récré appelle le "retailtainment": "Les magasins éphémères font partie d'une stratégie de renforcement de l'offre au moment où la clientèle est la plus intéressée par le jouet. Donc on a mis en place des points de vente relais-service avec par exemple des implantations dans les stations d'autoroute Total", raconte son dirigeant. Une opération seulement pour la période de Noël, sur un mois de décembre qui rapporte à la marque 35% de son chiffre d'affaires annuel.

De 7 à 50 pays en cinq ans

Mais surtout, La Grande Récré veut devenir un mastodonte à l'international en passant "de 7 à 50 pays en master franchise (un seul partenaire par pays pour gérer tout le réseau, NDLR)". À l'heure du e-commerce et de l'uniformisation du goût pour les jouets partout dans le monde, Jean-Michel Grunberg croit mordicus qu'il y a "un potentiel extraordinaire pour notre marque. Il y a de la place dans le monde pour La Grande Récré Paris, pour une marque française de qualité qui a une certaine expérience de l'enfant et du jouet", plaide-t-il. Comme par exemple ses vendeurs, "à la fois experts du jouet et experts de l'enfant dans sa relation aux jouets aux différents âges. C'est quelque chose qui nous différencie, que beaucoup attendent dans le monde".

Bref, le PDG de La Grande récré est convaincu que "pour ceux qui s'adaptent, qui savent être une marque et apporter de la qualité et de la confiance à leur client, il y a une place".

N.G.