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Pharmacie: Bercy pour la fin de leur monopole

En permettant de vendre des médicaments hors des pharmacies, l'inspection générale des Finances table sur une baisse des prix.

En permettant de vendre des médicaments hors des pharmacies, l'inspection générale des Finances table sur une baisse des prix. - -

Dans un rapport sur les professions réglementées, l'Inspection générale des Finances s’attaque aux marges des pharmaciens sur certains médicaments, comme le Doliprane, le Spasfon, le Fervex... Elle préconise de mettre fin aux monopoles des officines afin de faire jouer la concurrence.

Comme les notaires, les pharmaciens sont dans le collimateur de Bercy. L'Inspection générale des Finances (IGF) dénonce, dans un rapport sur les professions réglementées que se sont procurés Les Echos de ce 28 juillet, les marges appliquées par les officines sur certains médicaments, faute de concurrence.

Deux catégories sont concernées, qui à elles seules représentent 9% du chiffre d’affaires des officines. D’abord les médicaments dont la prescription est facultative mais remboursable, comme le Doliprane, le Spasfon, l’Aspegic. Le prix est fixé par l’Etat, mais les pharmaciens a la possibilité d’augmenter ses marges en négociant auprès du laboratoire.

Autre catégorie dans le viseur de Bercy: les médicaments non remboursés, tels que Nurofen, Humex, Fervex, où le pharmacien est libre de fixer le tarif qu’il veut. A tel point que leur prix a augmenté deux fois plus vite que le coût de la vie depuis 15 ans, souligne le rapport de l’IGF.

Diminuer les remboursements pour l'Assurance maladie

L'Inspection générale des Finances recommande donc de mettre fin au monopole des pharmaciens, en misant sur le jeu de la concurrence pur faire baisser les prix. Comme pour les tests de grossesse ou les produits d’entretien des lentilles, ces médicaments pourraient donc faire leur apparition dans les rayons des parapharmacies ou des supermarchés.

Le rapport propose néanmoins des garde-fous en n’excluant pas que "les pouvoirs publics maintiennent leur exigence d’intervention d’un professionnel qualifié".

L’IGF table sur une baisse du prix des médicaments non remboursés, permettant ainsi aux consommateurs de gagner en pouvoir d’achat. Le distributeur Leclerc, qui souhaite depuis longtemps se lancer sur ce segment, promet une baisse de 25 à 30% des prix. Cette libéralisation pourrait aussi, à terme, conduire à une diminution des tarifs réglementés des médicaments remboursables, et ainsi, diminuer leur poids dans les remboursements de l’Assurance maladie.

Enfin, l'Inspection générale des Finances recommande aussi de mettre fin au numérus clausus pour les étudiants en pharmaciens ou encore la liberté d’installations totale pour les pharmaciens.

Actuellement, 73 127 pharmaciens sont inscrits à l’ordre national des pharmaciens et 22.080 officines sont recensées.

C.C.