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Pfizer pourrait déménager son siège à Londres s'il rachète AstraZeneca

Le siège de Pfizer devrait rester à New York, mais le groupe pourrait être domicilié à Londres, selon son DG.

Le siège de Pfizer devrait rester à New York, mais le groupe pourrait être domicilié à Londres, selon son DG. - -

L’offre de rachat du groupe américain serait en partie motivée par une possible optimisation fiscale rapporte la presse anglo-saxonne. Le PDG de Pfizer estimait, lundi 28 avril, "problématique" d’installer sa holding aux Etats-Unis.

S’il peut racheter le groupe britannique AstraZeneca, Pfizer, numéro un du secteur pharmaceutique, compte bien profiter de l’impôt sur les sociétés en vigueur à Londres, estime la presse anglo-saxonne.

Le groupe américain a précisé ses intentions, lundi 28 avril, et admet que la taxation britannique fait partie des attraits d’AstraZeneca, que Pfizer pourrait racheter pour environ 100 milliards de dollars, selon le Wall Street Journal.

Pour racheter le groupe britannique, Pfizer compte utiliser ses fonds actuellement bloqués à l’étranger. Comme General Electric, qui cherche actuellement à racheter Alstom, ou Apple, Pfizer possède beaucoup de cash (37 milliards de dollars selon le quotidien américain), qu’il ne fait pas revenir aux Etats-Unis pour éviter l’imposition.

Un impôt sur les sociétés de 21% au Royaume Uni

Le directeur général de Pfizer, Ian Read, a expliqué lors d’une conférence téléphonique que la nouvelle holding serait "structurée de manière à obtenir une structure de taxation efficace". La taxation américaine aurait un "impact négatif" sur les entreprises, et il serait "problématique" de l’appliquer aux bénéfices d’AstraZeneca.

Selon lui, Pfizer n’a pas l’intention de déménager le siège social du groupe américain, actuellement à New York, mais pourrait domicilier la holding à Londres.

Aux Etats-Unis, l’impôt sur les sociétés peut s’élever jusqu’à 40%, contre 21% au Royaume-Uni (et 33% en France). Dans les faits, selon le Financial Times (article payant), Pfizer a été imposé à hauteur de 27% en 2013.

Cette optimisation fiscale agace des deux côtés de l’Atlantique, comme le note le quotidien britannique, qui remarque avec ironie: "nous allons enfin savoir qui s’indigne le plus vigoureusement, un politicien américain ou un britannique".

J.S