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Pernod Ricard regarde de près le marché du cannabis

Le patron du géant français qui détient Ricard et Pastis 51 a admis qu'à mesure que la légalisation du cannabis se répandait outre-Atlantique, son groupe étudiait très sérieusement le marché de la drogue douce.

À mesure que la législation sur la drogue douce s'assouplit, avec 25 pays qui ont légalisé le cannabis et d'autres qui s'y apprêtent, les géants de l'alcool lorgnent le marché. Ainsi, Pernod Ricard, le géant français à la tête de dizaines de marques dont Absolut, Jameson ou Clan Campbell, s'intéresse très concrètement au cannabis. "Nous regardons de près ce marché", reconnait Alexandre Ricard, le dirigeant du groupe, rapporte Le Monde.

Pour le moment, le numéro deux mondial derrière Diaggeo n'en est qu'au stade de l'analyse, notamment pour évaluer si "la légalisation du cannabis peut avoir un impact de cannibalisation de la consommation des spiritueux premium", a ajouté le patron de Pernod Ricard, tout en précisant que jusqu'à présent, "il n'y a pas d'évidence que ce soit le cas".

De l'anis au cannabis

D'autres spécialistes de l'alcool n'ont pas attendu. En août, le géant des spiritueux Constellation Brands, propriétaire de Corona, est devenu l'un des plus gros actionnaires d'une société canadienne qui fait pousser de l'herbe. Avec 4 milliards de dollars d'investissement, cumulé à un premier en 2017, il détient désormais 38% du capital de Canopy Growth.

Toujours au Canada, où la fumette récréative deviendra légale le 17 octobre prochain, le brasseur Molson Coors, et sa compatriote The Hydropothecary Corporation ont lancé une coentreprise pour fabriquer des boissons sans alcool, mais au cannabis. Même le groupe Heineken s'y met, via sa marque californienne Lagunitas, qui a mis sur le marché cet été une eau gazeuse à la feuille verte. La Californie qui fait partie des neuf États américains qui en autorisent l'usage récréatif.

De son côté, Alexandre Ricard, petit-fils du fondateur du groupe éponyme, avait prévenu lors de son entrée en fonction en 2015 qu'il était là pour amener Pernod-Ricard "dans l'accélération". Son groupe s'est néanmoins concentré cette année sur la réduction de sa dette et n'a fait aucune acquisition. Peut-être que cette année, la croissance passera par des achats de boissons aromatisées à une autre plante que l'anis.

N.G. avec AFP