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Parkings: pourquoi la tarification au quart d'heure n'a pas réduit la facture

La facture du stationnement n'a pas forcément diminué depuis l'entrée en vigueur de la loi Hamon.

La facture du stationnement n'a pas forcément diminué depuis l'entrée en vigueur de la loi Hamon. - Dominique Faget - AFP

Dans une enquête publiée ce 27 août, la CLCV montre que les parkings ont globalement mis en place cette nouvelle tarification. Le consommateur n'y gagne pas forcement car des professionnels ont voulu compenser en augmentant certains tarifs à l'heure ou pour 24 heures.

La mesure avait du sens. Depuis le 1er juillet dernier, les parkings n'ont plus le droit d'appliquer une tarification forfaitaire supérieure à un quart d'heure. En d'autres termes, l'automobiliste qui gare son véhicule 3h15 ne se retrouve plus à payer le prix pour 4h de stationnement.

Cette mesure était incluse dans la loi Hamon sur la consommation adoptée en 2014 et visait ainsi à baisser le budget parking du ménage français.

Un peu plus d'un mois après son entrée en vigueur, l'association de consommateur CLCV livre les résultats d'une enquête qu'elle a menée dans 31 départements et 302 parkings pour voir comment les professionnels ont mis en œuvre cette nouvelle tarification.

Hausses des tarifs horaires

Au chapitre des bons points distribués par CLCV, l'association note que la mesure est "globalement bien appliquée", 83% des parkings la respectant. Elle relève par ailleurs que pour un automobiliste qui stationne sa voiture pendant 2h15 le coût baisse effectivement en moyenne de 2,1%. Pas franchement une surprise pour l'association qui rappelle que "c'était le but de la réforme".

Mais néanmoins le conducteur n'y a pas forcément gagné au change. Pourquoi? Car "certains professionnels ont cherché une compensation en augmentant les tranches de tarif à l'heure ou pour vingt-quatre heures", explique CLCV. Selon l'enquête, les hausses moyennes ont été de 8,1% pour 1h, 6,4% pour 2h et 11,1% pour une 24h.

"Avec ces hausses tarifaires, celui qui reste 2h15 dans un parking paye moins qu’avant, grâce à la tarification au quart d’heure, mais que celui qui reste 1h55 payera plus qu’avant du fait de l’augmentation des forfaits horaires", conclut l'association.

CLCV profite également de l'occasion pour pointer le manque d'information sur les tarifs. Selon l'étude de l'association un automobiliste sur trois utilise un parking sans avoir pu consulter la grille des prix. "Le consommateur doit pouvoir faire jouer pleinement la concurrence et nous demandons de rendre l’affichage obligatoire des tarifs et qu’ils soient visibles de la voie de circulation ainsi qu’à distance (site internet, smartphones, comparateurs)", réclame-t-elle

Par ailleurs CLCV déplore que dans 56% des parkings il n'existe pas de période de gratuité alors que, selon elle, "cette mesure paraît utile dans les lieux de stationnement fréquent et de courte durée (dépose minute, boulangeries,etc..)".

J.M.