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Mode, vintage, électroménager: les enchères en ligne profitent de la crise

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Les sites d'enchères en ligne ont bénéficié de "l'effet Covid". Chez Interenchères, le leader du marché, les ventes ont été multipliées par deux.

Adjugé, vendu! La crise sanitaire a fait exploser le marché des enchères en ligne, porté par l'interdiction des brocantes, des vides-greniers et par la fermeture au public des salles de vente.

Avant le Covid, on enregistrait 8000 créations de comptes par mois. Maintenant, on tourne autour des 30.000", témoigne Bénédicte Valton de Jorna, directrice commerciale et marketing d'Interenchères, le leader du marché.

Le site héberge les ventes des commissaires-priseurs et joue le rôle d'un intermédiaire avec les potentiels acheteurs. Plus de 2 millions de lots y sont publiés chaque année. Tout le monde peut trouver son bonheur. On y déniche des timbres, des montres, des meubles, des véhicules et même, des biens d’équipement pour professionnels.

Sur Interenchères, les ventes orchestrées par les commissaires-priseurs sont retransmises en direct vidéo. L'acheteur enchérit à distance, comme il le ferait s'il était physiquement présent dans la salle. Sur d'autres sites, les biens mis aux enchères sont référencés à la manière d'un catalogue. Les ventes durent plusieurs minutes, voire plusieurs jours, délai pendant lequel l'acheteur peut enchérir. C'est le modèle proposé par la plateforme eBay.

A chaque mois, son record

Interenchères a profité de l'effet Covid mais également de "l'effet bitcoin". Car le site a accueilli en mars la première vente aux enchères de cette cryptomonnaie en France, composée de 481 lots allant de 0,11 à 20 bitcoins. Depuis, la plateforme a passé la barre du million d’enchérisseurs et ne cesse de battre des records.

En janvier, 33 millions d'euros de produits ont été vendus, 39 millions d'euros en février et 62,6 millions d'euros en mars.

Après chaque confinement, on se dit que l'engouement va retomber mais plus ça avance, plus on bat des records. Le tout, sans faire de publicité", se réjouit Bénédicte Valton de Jorna.

"Le Covid a accéléré les choses, c'est certain", abonde Pierre-Yves Guillaumot, créateur de la plateforme ERA Enchères, en Rhône-Alpes. Ce commissaire-priseur avait flairé le bon filon il y a trois ans et demi en misant sur les enchères en ligne. Entre 4000 et 7000 lots sont proposés chaque semaine, destinés principalement à une clientèle locale, puisqu'il ne fait pas d'expédition.

Avant le Covid, les amateurs d'enchères se contentaient d’aller à la salle à côté de chez eux. Depuis, ils ont découvert qu'ils pouvaient profiter de ventes partout en France grâce à internet. Ca a eu un impact bénéfique sur le marché", juge Pierre-Yves Guillaumot.

ERA Enchères utilise un procédé qui lui est propre. La vente n'est pas retransmise en direct vidéo, mais elle se déroule comme en salle. Les produits défilent à l'écran et l'acheteur n'a qu'une dizaine de secondes pour enchérir.

Une clientèle plus jeune, attirée par la mode

Les enchères ont aussi séduit les Français désireux de faire de bonnes affaires. La nouvelle clientèle est plus jeune. "Désormais, 60% de nos ventes sont réalisées dans le domaine du mobilier objets d’art", assure la directrice commerciale d'Interenchères.

Le site a enregistré une progression annuelle de 340% pour les produits "mode et vintage", hors bijoux adjugés en ligne, soit 6,2 millions d'euros, frais inclus.

Chez ERA Enchères, les ventes sont essentiellement composées de fins de stock, d'invendus et de retours de e-commerce (produits ouverts, essayés...). De quoi faire de bonnes affaires, particulièrement sur l'électroménager.

Mais on peut aussi trouver des stocks de doudounes pour enfants à moins de cinq euros. Des prix défiant toute concurrence, dont tout le monde ne peut malheureusement pas bénéficier. Enchérir en ligne suppose d'avoir un ordinateur et une carte bancaire pour le paiement. Pierre-Yves Guillaumot réfléchit donc à une solution pour en faire profiter le plus grand nombre, en travaillant notamment avec des associations.

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech