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Malgré la hausse de leurs prix, les Français toujours fidèles aux oeufs

L'aliment est d'ailleurs considéré comme une alternative pour consommer des protéines animales en temps de crise. Mais pour les adeptes du bio, la hausse des prix risque de se faire sentir.

Stars du confinement en 2020 (+10% en volumes), les oeufs sont toujours en bonne place dans les paniers de courses des Français. Selon les chiffres du CNPO (l'interprofession des oeufs), l'an passé, leur consommation dans les foyers a encore progressé de 1,8% par rapport à 2019.

Les producteurs sont néanmoins confrontés, comme beaucoup d'autres, à la flambée de leurs coûts de production: alimentation des poules (+25% déjà l'an passé), énergie, emballages (+20% entre mars 2021 et 2022), transport...

Sans oublier, l’épizootie d’influenza aviaire qui sévit en France depuis le 26 novembre 2021 qui est la pire que la filière et l’ensemble des filières avicoles aient connue, avec une virulence inédite.

Depuis le début de la crise, on estime à environ 3 millions le nombre de poules pondeuses abattues et à 800.000 le nombre de poulettes (n’ayant pas encore atteint l’âge de ponte). De quoi provoquer une baisse de la production de 9% (estimation pour cette année) ce qui mécaniquement fait monter les prix.

Après avoir longtemps encaissé ces hausses, le secteur est désormais obligé d'en répercuter une partie sur le prix final. Les oeufs d'entrée de gamme ont ainsi augmenté de 7% en un an.

+7% en un an pour le prix des oeufs d'entrée de gamme

Une hausse notable mais qui reste acceptable en valeur compte tenu des prix bas de ces produits. D'ailleurs, selon la filière, "la hausse du prix de l’œuf, de quelques centimes, entraînée par la flambée des coûts de production, n’a pas eu de répercussion sur la consommation des Français. Ils sont ainsi plus de 8 sur 10 (84%) à avoir maintenu leur consommation et même, parmi eux, 5% à l’avoir augmenté".

Il faut dire que le produit est considéré comme une arme anti-crise (pour 66% des consommateurs) dans un environnement de hausses de prix, une alternative bon marché pour consommer des protéines animales à 71% dans un contexte d’inflation et de réduction de la consommation de viande et de poisson.

Néanmoins, les adeptes du bio pourraient changer leurs habitudes, ce type d'oeufs subissant d'autres surcoûts.

La nouvelle règlementation biologique européenne entrée en vigueur au 1er janvier 2022 impose en effet des restrictions supplémentaires à la filière (futures poules pondeuses élevées en bio, dans une ferme bio avec des terres converties en bio et sans présence simultanée de poulettes non bio, sortie des poulettes sur un parcours, alimentation des poules au moins à 30% issue de la ferme ou de la région).

Les exportations en bonne forme

D’après les dernières estimations, le surcoût de son application, ramené à l’œuf, est estimé à +26%, soit +4,30 euros pour 100 œufs. Ce surcoût est majoritairement lié à une baisse de la productivité, due à la diminution du nombre d’œufs pondus et à leur plus petit calibre.

Si le secteur peut compter sur le marché intérieur (8 Français sur 10 estiment nécessaire d’acheter des œufs pour soutenir les producteurs en cette période difficile), il peut aussi s'appuyer sur l'export qui continue de progresser.

En 2021, les exportations d’œufs de France ont progressé de +7 % en valeur et de +6 % en volume alors que les importations ont reculé de 3 % en valeur et de -5 % en volume par rapport à l’année 2020. Quant aux "ovoproduits", leurs exportations ont été en progression de 7% l'an passé. De quoi générer un excédent commercial de 17 millions d'euros.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business