BFM Business

Loi alimentation: "on va aller voir pourquoi ça bloque", assure Nicolas Chabanne de "C'est qui le patron?"

Invité sur BFM Business, le co-fondateur de cette coopérative a réussi le tour de force d'imposer à la grande distribution, avec les consommateurs, des produits qui soutiennent les producteurs. De quoi inspirer la loi Egalim sur l'alimentation.

C'est un succès sans précédent dans le secteur de l'alimentation et de la grande distribution. Avec sa coopérative "C'est qui le patron?", gérée avec l'aide des consommateurs et des réseaux sociaux, Nicolas Chabanne a imposé avec succès à la grande distribution des produits qui soutiennent les producteurs et qui permettent aux consommateurs de reprendre en main leur alimentation.

Tout a commencé avec le lait, puis le jus de pomme, le beurre... tous vendus un peu plus chers. "Jamais une marque nouvelle ne s'est vendue aussi vite", se félicite le co-fondateur de la marque sur le plateau de Good Morning Business ce mercredi sur BFM Business. 

Au point de devenir un aiguillon pour le gouvernement. "La loi Egalim, vous en parlez, c'est la loi alimentation" issu des états généraux de l'alimentation. "La conseillère d'Emmanuel Macron nous dit: 'écoutez, clairement, C'est qui le patron?, créé par les consommateurs, ça inspire la loi Egalim sur la restructuration du prix'. On a dit 'super'. On était très heureux".

"Après, ça bloque", souligne le lauréat du BFM Award 2019 de l'engagement. "On va aller voir, on a créé un nouvel outil collectif, l'Atelier consommateur et citoyen, il y a une appli. On va aller essayer de comprendre pourquoi une loi ne devient pas une réalité. On va le faire très humblement mais on va essayer de comprendre. J'ai deux, trois petites pistes".

Boycott de Danone au Maroc

Et d'expliquer: "Quand vous avez une réunion avec un ministre de l'Agriculture et que vous avez les grands patrons du lait en France et que le ministre de l'Agriculture, on sait qu'il le dit, 'mettez les 8 centimes qui manquent sur un litre de lait pour que les producteurs vivent, vous avez un lobbyiste qui lève la main en disant: 'vous savez, nous on fait 4 milliards de litres de lait, ça fait 320 millions d'euros les 8 centimes, ça va nous manquer sur nos résultats, on peut pas le faire ou alors il faut que licencie que je ferme une usine'. Mettez dans la réunion un consommateur, ce qu'on a commencé à faire, qui dit 'excusez-moi Monsieur le responsable de la grande société de lait, vous voulez dire qu'avec notre argent vous ne voulez pas vraiment soutenir les producteurs?".

Il s'agit bel et bien d'inverser le rapport de force: "est-ce que vous pouvez le faire sinon on achètera plus vos produits. Et Danone au Maroc a été complètement victime de ce boycott citoyen. Donc on a un nouveau moyen d'agir et un moyen de pression positive", conclut Nicolas Chabanne.

Olivier Chicheportiche