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Les ventes en hypermarchés en chute libre depuis le confinement, principalement en région parisienne

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- - MYCHELE DANIAU / AFP

Après une ruée dans les grandes surfaces début mars, la période de confinement a profité aux commerces de proximité. Les ventes dans les grands hypermarchés sont en chute de 24%. Principalement en région parisienne.

Les très grandes surfaces souffrent du confinement. Si sur les premières semaines de mars, les Français se sont précipités dans les supermarchés et les hypermarchés pour faire des stocks de denrées alimentaires, depuis le début du confinement, ce sont les magasins de proximité qui sont privilégiés. 

Ainsi selon Nielsen, si les ventes en grande distribution ont progressé de 30% sur la semaine de du 16 au 22 mars et celle des hypermarchés de 11%, c'est exclusivement grâce au lundi de "pré-confinement." Depuis le mardi 17 mars, soit le début du confinement, les ventes en hypermarchés plongent dangereusement.

Les ventes dans les plus petits hypermarchés (moins de 7500 m2) chutent de 14% et dans les plus grands (plus de 7500 m2) de 24%. Les mesures de confinement, qui recommandent aux Français de se rendre dans le point de vente le plus proche de chez eux, ont largement favorisé les plus petites surfaces.

Le départ des Franciliens fait plonger les grandes surfaces

Et le constat est particulièrement flagrant en région parisienne. Près de 80% des hypermarchés de Paris et de la Petite Couronne sont en recul de chiffre d’affaires sur l’alimentaire sur cette même période. Cela s'explique notamment par la fuite de Parisiens en province. Selon Orange, 17% des Franciliens, soit 1,2 million de personnes auraient quitté la région avec le confinement.

Par ailleurs explique Nielsen, "seuls 6% des français vivent à moins de 5 minutes d’un hypermarché, situés majoritairement en périphérie des villes, contre 28% pour les supermarchés et 32% pour les magasins de proximité." Les Français privilégient donc les magasins les plus proches et veulent éviter les très grandes surfaces pour éviter d'être en contact avec des foules de personnes.

Hypermarchés
Hypermarchés © Nielsen

Une autre explication réside dans la fermeture des centres commerciaux. Les hypermarchés représentent 90% de l'offre alimentaire de ces centres. Même si les hypermarchés restent ouverts, les consommateurs ne se rendant plus au centre commercial, le flux de visiteurs chute pour les très grandes surfaces alimentaires. Et l’étalement des courses tout au long de la semaine pénalise le samedi, jour sur lequel les plus grandes surfaces font en temps normal le quart de leur activité.

Et le recul risque de s'accentuer. Pâques est en effet traditionnellement un temps fort pour les hypermarchés, qui vont devoir cette année faire sans les opérations promotionnelles des années passées, avec des mises en avant nettement moins déployées en points de vente cette année. 

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco