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Les restaurateurs s’inquiètent de l’augmentation de la TVA

Les restaurateurs craignent de voir leur fréquentation baisser davantage encore après l'augmentation de la TVA.

Les restaurateurs craignent de voir leur fréquentation baisser davantage encore après l'augmentation de la TVA. - -

Le chiffre d'affaires de la restauration a reculé de 13% en juillet. Le secteur s’inquiète de l’augmentation de 3 points de la TVA au 1er janvier 2014, qui pourrait aggraver leur situation financière.

Les Français vont de moins en moins au restaurant. Après avoir chuté de 1,91% l'an dernier, le chiffre d'affaires de la restauration a encore baissé de 2% au premier trimestre. En juillet, la baisse s’est même établie à 13%. Les plus touchés sont les restaurants classiques avec service à table. Ils ont perdu 6,72% de chiffre d'affaires sur l'année dernière.

"J’arrivais à faire entre 80 et 110 couverts le midi. Aujourd’hui quand on en fait 50, on est heureux ", se plaint Thierry Maquet, un restaurateur niçois. Pour lui, les dégâts s’établissent à une perte de 20% de son chiffre d’affaires. En cause : les clients privilégient désormais le prix à la qualité des produits

"On a de plus en plus de concurrence. On a le snack, on a le boulanger qui fait de la restauration. On n’a pas les mêmes armes", s’enflamme le restaurateur.

Les professionnels espèrent bien attirer l'attention des pouvoirs publics sur leur situation, alors que se joue actuellement les arbitrages sur les augmentations de TVA.

Pour contribuer au financement du Crédit d’impôt compétitivité et emploi (CICE), le gouvernement a, en effet, prévu de faire passer le taux normal à 20% et celui intermédiaire, qui concerne la restauration, de 7% à 10%.

Des répercussions sur l'emploi

Or ces trois points de TVA vont encore affaiblir le secteur, met en garde Laurent Caraux, président d’honneur du syndicat national de la restauration thématique et commerciale (SNRTC).

"Si nous répercutons ces trois points de TVA sur les prix, on sait très bien que les consommateurs ne pourront pas les payer. Donc on va encore faire baisser notre fréquentation. Et quand on sait que les acteurs de la restauration sont sur de marges qui se comptent à un ou deux points, on aura beaucoup de dégats", explique-t-il.

Les syndicats font aussi jouer la corde de la préservation de l’emploi. En France, depuis deux ans, les restaurants traditionnels ont restreint leurs effectifs de 10%, soit 2.500 emplois.

Coralie Cathelinais et Benoit Ruiz et Julien Jacquet et Kelly Laffin