BFM Business

Les crèmes solaires bio pour enfants sont celles qui protègent le moins bien

Toutes les crèmes solaires ne se valent pas

Toutes les crèmes solaires ne se valent pas - AFP

Le magazine UFC-Que Choisir a testé 20 crèmes solaires destinées aux enfants. Bilan : les crèmes labellisées bio arrivent tout en bas du classement.

Appliquer de la crème solaire aux enfants est essentiel pour protéger leur peau délicate des dommages causés par le soleil, éviter les brûlures et, surtout, le plus dangereux des cancers de la peau, le mélanome, dont le nombre de cas a triplé depuis 1980. Or, l’exposition solaire et le nombre de coups de soleil pendant l’enfance et l’adolescence augmentent le risque de développer un mélanome.

Mais comment choisir la crème solaire de ses enfants ? Le classement établi par l’UFC-Que Choisir dresse un bilan assez surprenant puisque les 4 marques de crèmes solaires bio testées (Alphanova, Bioregena, Eco Cosmetic et Acorelle) se retrouvent tout en bas de classement. Elles sont pourtant exemptes de substances potentiellement toxiques.

"Le problème qui ressort des tests menés en laboratoire, c’est que ces crèmes bio ne protègent pas assez des UVA, qui comme les UVB sont des rayons promoteurs du cancer mais ne provoquent pas de coups de soleil, et sont donc plus pervers", explique Gaëlle Landry de l’UFC-Que Choisir. Selon elle, "les crèmes bio ne contiennent que des filtres minéraux, pas de filtres chimiques, qui sont les seuls réellement efficaces".

Les crèmes les mieux classées… et les autres

La crème solaire la mieux placée par l’UFC-Que Choisir est vendue par Lidl, la moins chère de la sélection, à moins de 30 euros le litre (Cien, Sun spray solaire enfant 50+).

"La protection contre les UVB est largement supérieur à l’indice annoncé, et elle protège bien aussi contre les UVA. Par ailleurs nous n’avons rien à redire sur sa composition", explique l’UFC. Deux autres crèmes, des marques Vichy et La Roche-Posay, sont tout aussi protectrices, mais beaucoup plus chères (80 et 132 euros le litre).

Si globalement la composition des crèmes solaires pour enfants est satisfaisante, certaines contiennent encore des perturbateurs endocriniens, du phénoxyéthanol ou encore des allergènes (parfum). L’UFC-Que Choisir pointe notamment du doigt trois crèmes pour enfants des marques Nivea, Daylong et Uriage.

Faut-il choisir une crème "spéciale enfants" ?

A cette question, l’UFC-Que Choisir répond par la positive, et conseille même aux parents d’utiliser la crème de leurs enfants. Ce qui fait la différence entre crèmes pour adultes et pour enfants, selon les fabricants interrogés par le magazine, c’est notamment leur caractère hypoallergénique, l’absence de parfum, un indice UV élevé, et une haute résistance à l’eau et au sable. "Sans compter un renforcement des tests pour s’assurer de l’innocuité des crèmes", précise Gaëlle Landry.

Encore faut-il ne pas lésiner sur les quantités. "D’habitude, nous incitons à la modération dans le domaine cosmétique mais pour les produits solaires, c’est tout le contraire qu’il faut faire", explique la journaliste. Car la quantité appliquée influe considérablement sur la protection apportée. Pour calculer l’indice de protection d’une crème, les fabricants se basent sur une norme qui prévoit l’application d’une quantité précise de produit: 2mg/cm2 de peau. Pourtant, dans la "vraie vie", personne ou presque ne met cette dose. Selon les données disponibles, cela tourne plutôt autour de 0,5 mg/cm2 selon l’UFC. Or "si on n’applique que 1 mg/cm2 de peau d’une crème indice 50, au lieu de laisser passer 2% des rayons UV, elle en laisse passer 14%".

Marie Dupin pour BFMTV.com