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Le gouvernement demande aux grandes surfaces un geste sur le prix des oeufs

Les producteurs se plaignent d'un surplus d'oeufs, qui fait chuter les cours.

Les producteurs se plaignent d'un surplus d'oeufs, qui fait chuter les cours. - -

Le ministre de l'Agriculture vient d'appeler la grande distribution à "éviter d'accentuer les difficultés" des producteurs très remontés. Une rencontre est prévue mardi pour trouver des solutions à la baisse des cours.

"On ne peut pas profiter d'un moment de difficultés pour continuer à exercer une pression sur les prix", a déclaré Stéphane Le Foll, ce lundi 12 août. Le ministre de l'Agriculture a appelé les enseignes de la grande distribution à cesser la pression à la baisse des prix des oeufs, en plein crise des producteurs.

"On a une grande distribution qui continue à tirer les prix vers le bas au mépris de l'appareil de production d'oeufs français", a-t-il déploré. La semaine dernière, plusieurs centaines de milliers d’œufs ont été détruits en Bretagne par des producteurs protestant contre la baisse des cours de l’œuf, due à une surproduction.

Pour calmer la grogne, une recontre aura lieu, mardi 13 août,entre Stéphane Le Foll, les producteurs d’œufs et le préfet de Bretagne. "Mais s'il n'y a pas de résultats, ça va faire mal la semaine prochaine", a prévenu un membre du collectif à l’origine des destructions.

Au cours des quatre jours d’action, les producteurs ont ainsi volontairement détruit 5% de la production quotidienne de la région, l’équivalent de la surproduction. La Bretagne fournit près de la moitié des œufs français. Les producteurs bretons affirment perdre de l’argent : les œufs sont achetés environ 5 centimes pièce pour un prix de revient de 7 centimes.

Surproduction et normes européennes

En cause: la surproduction en Europe, et la législation en vigueur depuis 2002 sur les élevages de poules pondeuses. Se mettre en conformité avec les nouvelles normes européennes a entraîné des dépenses importantes pour les producteurs.

"Les producteurs d'oeufs français sont aujourd'hui à bout", avait écrit la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA), vendredi dernier. "Après avoir lourdement investi pour mettre leurs élevages aux normes, ils doivent désormais faire face à une situation excédentaire, qui se traduit par une importante chute des cours", expliquait-elle dans un communiqué.

A court terme, les producteurs envisagent la destruction d’œufs ou l’abattage de poules pondeuses. Autres solutions, commercialiser le surplus d’œuf hors Europe ou hors du circuit de l’alimentation humaine.

Enfin, un système de dons aux associations pourrait être mis en place. Jeudi 8 août, face aux critiques des associations devant la destruction d’œufs consommables, les producteurs en avaient donner 5.000 aux Restos du Cœur.

Audrey Dufour