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L'inflation bouscule déjà les choix des consommateurs... et des magasins

Une étude de Nielsen IQ révèle que l'inflation profite particulièrement aux produits de grande consommation comme aux produits frais en libre-service. Les marques de distributeur gagnent en parts de marché.

Ni la crise sanitaire, ni la guerre en Ukraine, ni la canicule. Aucun de ces trois facteurs n'aura autant impacté la consommation en magasin des ménages français que la hausse des prix. D'après l'étude "Conjoncture et consommation" du cabinet Nielsen IQ, l'inflation reste une préoccupation majeure pour un Français sur deux et importe pour un plus grand nombre de ménages que le réchauffement climatique (43%), la guerre en Ukraine (32%) ou encore la crise sanitaire (11%).

Toujours selon l'étude, l'inflation touche 7 millions de foyers français supplémentaires cette année pour porter le total à 12 millions soit 41% d'entre eux. "Ces nouveaux fragilisés ont des faibles revenus ou sont sans activité et vivent essentiellement dans les milieux ruraux", précise Nielsen IQ.

Hausse en valeur mais baisse en volumes

Globalement, les Français ont moins acheté leur nourriture en magasin à la faveur d'une réouverture des restaurants après la pandémie de coronavirus. Sur un an , on constate une baisse de plus de 5% de la consommation des familles en grandes surfaces qui délaissent notamment les produits d'hygiène et de beauté ou encore les produits frais qui figurent parmi les biens ayant enregistré les plus fortes hausses de prix sur un an.

La viande surgelée est le produit dont les prix ont le plus enflé avec une augmentation de près de 25% depuis un an, suivies des pâtes légèrement au-dessus des 18% puis de l'huile autour des 15%. Rien d'étonnant donc à ce que le chiffre d'affaires des produits de grande consommation et de ceux frais en libre-service ait progressé de 1,6% en un an tandis que leur consommation en volume a reculé de 1,7%.

Les ventes en volumes restent supérieures à celles observées avant l’arrivée du Covid", tempère l'étude qui note un effet positif de l'été caniculaire sur les ventes de produits de grande consommation. 

Les marques de distributeurs se positionnent

Pour contrer cette forte hausse des prix, les Français se sont rués sur les promotions qui constituent désormais une vente sur cinq. De même, les marques de distributeur, en moyenne 30% moins chères que les grandes marques, ont accentué leurs parts de marché sur "leurs catégories emblématiques, mais aussi sur certaines catégories inflationnistes" comme la farine, les oeufs, les légumes secs ou encore l'essuie-tout.

"L’inflation qui sévit en France depuis le début de l’année a incité les consommateurs et les enseignes à s’adapter", résume Nicolas Léger, directeur des analyses chez NielsenIQ.

"Si l’été a été un booster de consommation des produits de saison, pendant le reste de l’année, le nombre de foyers français fragilisés par l’inflation a considérablement augmenté, poursuit le spécialiste. Ceux-ci ont plus fait attention à leurs dépenses et cherché des promotions pour préserver leur pouvoir d’achat. Les marques distributeurs se sont adaptées à cette nouvelle donne inflationniste leur permettant de gagner des parts de marché, sur leurs catégories emblématiques, mais également certaines inflationnistes."

Au niveau des enseignes de la grande distribution, Leclerc conserve sa position de leader avec plus de 21% de parts de marché juste devant Carrefour qui frôle les 20% tandis que le groupe Casino concède un net recul de 0,5 point entre 2021 et 2022.

Timothée Talbi