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Entre buralistes et vendeurs de e-cigarettes, la lutte continue

Pour la créatrice de Clopinette, la décision du tribunal de Toulouse ne change rien.

Pour la créatrice de Clopinette, la décision du tribunal de Toulouse ne change rien. - -

Lundi 9 décembre, le tribunal de commerce de Toulouse a donné raison à un buraliste qui estimait qu'un vendeur de cigarettes électroniques lui faisait de une concurrence déloyale. Mais pour la créatrice de Clopinette, cette décision ne remet pas en cause son business.

Les cigarettes électroniques doivent être vendues par des marchands de tabac et seulement chez eux ? C'est en substance la position retenue par le tribunal de commerce de Toulouse le 9 décembre.

La justice a ainsi donné raison à un buraliste qui avait porté plainte contre un vendeur de cigarettes électroniques pour concurrence déloyale, en estimant que les produits de substitution du tabac relevaient de la législation sur le tabac.

Car les buralistes, dont les revenus ne cessent de diminuer, voient d'un mauvais œil ce nouveau marché qui est en train de leur échapper. Pas moins de 300 boutiques ont vu le jour. Et avec les nombreux sites de vente en ligne, elles se partagent un business qui devraient représenter 100 millions d'euros d'ici à la fin de l'année.

Les pharmacies, aussi, avaient tenté de s'arroger ce marché, mais le Parlement européen a rejeté l'amendement visant à classer les cigarettes électroniques en tant que médicament.

Pas de jurisprudence

Des attaques qui laissent sereine Karin Warin, la créatrice du réseau de distribution Clopinette qui regroupe 60 boutiques à travers la France. "On a eu la même surprise au mois de juillet d'être attaqué par la confédération des buralistes et aussi par deux buralistes, un à Cannes et un autre à Paris, qui étaient situés près de nos magasins. On s'est défendu et on a gagné en première instance", explique Karin Warin.

Or actuellement il n'y a pas de jurisprudence, c'est à l'appréciation du juge au cas par cas. "Pour le moment ce sont des cas isolés, ce sont donc des non-évènements", commente-t-elle. Tout en rappelant que ces démarches juridiques sont onéreuses, et que certaines boutiques qui n'auront pas la trésorerie suffisante risquent de mettre la clé sous la porte.

C.C. avec BFM Business