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En dix ans, la France est devenu le premier pays d'Europe dans la vente de vêtements d'occasion

En 2019, pas moins de 39 % des Français ont acheté au moins un vêtement ou accessoire de mode de seconde main, principalement sur les applis mobiles

En 2019, pas moins de 39 % des Français ont acheté au moins un vêtement ou accessoire de mode de seconde main, principalement sur les applis mobiles - Mustafa Ozer - AFP

Le succès du site Vinted met en lumière la progression du marché des vêtements d'occasion qui en France pèse désormais un milliard d'euros.

En France, le vêtement d'occasion est devenu plus qu'une tendance, c'est un marché. Selon Thomas Plantenga, patron du site Vinted, le pays fait même figure de modèle dans cette activité. Les résultats de son site de vente de vêtements d'occasion entre particulier en est la preuve, d'autant qu'une levée de fonds de 128 millions d'euros a été réalisée quelques jours avant le début du Black Friday.

Cette plateforme lituanienne créée en 2012 est un succès international avec 21 millions d'utilisateurs dont 8 millions en France parmi lesquels 40% de 18-24 ans, Kantar TNS. En France, selon Médiamétrie, 1,5 million de visiteurs le consultent quotidiennement, ce qui le place dans le top 10 du e-commerce juste derrière eBay. 

"Je ne connais aucun autre pays où c'est aussi développé", a déclaré Thomas Plantenga ce vendredi matin sur Europe1.

Au début des années, 2000, ce marché était celui du "vintage" et les fans de cette mode faisaient leur courses aux puces, dans les vide-grenier, dans les braderies comme celle de Lille ou dans les friperies. Désormais, les clients achètent des vêtement d'occasion en ligne, via des applis mobiles, sur Troc Vestiaire, Depop ou Vinted et bien sur, sur eBay Mode et Leboncoin. Pour le luxe, Vide Dressing et Vestiaire Collective, qui certifient l'authenticité et l'état des produits qu'ils vendent, s'imposent comme des références.

48% des Français achètent de l'occasion

Dans une étude publié par Fashion Network, l’Institut Français de la mode (IFM) constate l'essor fulgurant de cette économie depuis une décennie. Alors que le marché de la mode et du textile a perdu 15% de sa valeur en 10 ans, celui de l'occasion ne cesse de grimper.

"La proportion de Français qui achète d'occasion est passée de 25% à 48% entre 2009 et 2018", indiquait Pascale Hebel, directrice du pôle consommation et entreprise au Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), lors de la sortie de son dernier rapport en mars 2019.

Le succès du vêtement d'occasion ne va pas ralentir. Si aucune projection pour ce secteur n'ont été réalisées en Europe ou en France, des chiffres ont été publiés pour les Etats-Unis par Thred Up, un site américain de vente de vêtements entre particuliers, qui chaque année publie un rapport le marché de l'habillement de seconde main. Actuellement, le marché américain pèse 28 milliards de dollars (environ 25 milliards d'euros) aux Etats-Unis et devrait atteindre 51 milliards (46 milliards d'euros) en 2023.

Cette progression s'explique par deux facteurs: économique et écologique. Selon l'étude de l'IFM, 75% des acheteurs avance un argument économique et 45% se disent motivés par des questions écologiques ou éthiques.

En pleine opération Black Friday, accusé d'inciter à la surconsommation, l'achat de vêtements d'occasion permet, comme le constate Pascale Hebel de se faire plaisir pour pas cher en restant altruiste. Un double avantage qui a d'abord séduit la génération des millennials, pour attirer désormais les plus de 40 ans. Reste à convaincre les hommes, tous âges confondus, qui sont moins de 30% à succomber à la tendance.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco