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Disneyland, Puy du Fou... Pourquoi les parcs d'attractions n'ont pas le droit de rouvrir en France

Alors que les aquariums et parcs zoologiques commencent à rouvrir, les parcs d'attractions n'ont toujours pas de date de réouverture et déplorent d'être traités différemment des autres lieux de loisir par le gouvernement.

Vous souhaitez réserver un week-end à Disneyland? Il va falloir encore patienter. Mais personne ne sait jusqu'à quand. Alors que la France est entré ce 11 mai dans une phase de déconfinement, les parcs d'attractions n'ont toujours pas l'autorisation d'ouvrir en France. Et ce à la différence d'autres lieux de loisir comme les zoos ou les aquariums qui peuvent désormais rouvrir sur décision préfectorale et même en zone rouge.

Ainsi dès cette semaine les zoos d'Upi dans le Drôme, de la Boissière-du-doré près de Nantes ou encore celui de Thoiry dans l'ouest francilien ont pu accueillir du public. Mais pour les parcs Asterix, le Puy du Fou ou Disneyland, toujours rien. Ce qui agace le secteur.

"On a une incompréhension qui grandit de voir que les parcs zoologiques ou les aquariums ont le droit d'ouvrir et pas nous, assure Nicolas de Villiers, le patron du Puy du Fou sur BFMTV. Les restaurants auront le droit d'ouvrir le 2 juin en zone verte, ce qui est bien, mais nous on nous dit qu'on verra plus tard."

Une déception d'autant plus grande que le président de la République en personne aurait promis lors d'une réunion avec les représentants du secteur une réouverture début juin. 

Un coût d'ouverture élevé

"Hier encore, nos contacts à l'Élysée se disaient très confiants sur le fait que nous pourrions rouvrir début juin, explique Arnaud Bennet, le président du Syndicat national des espaces de loisirs, d'attractions et culturels (SNEALC) au Point. Mais visiblement, ce n'est pas l'Élysée qui décide, c'est Matignon."

Et le gouvernement ne va pas aller trop vite avec les parcs d'attractions. La raison avancée est qu'ils sont considérés comme des lieux de rassemblement (ceux de plus de 10 personnes restent proscrits en France) qui accueillent un important flux de personnes. Et à la différence des parcs animaliers, le coût d'ouverture d'un parc est très élevé: une attraction qui tourne à vide n'est pas rentable. Le risque étant que les parcs veuillent accueillir trop de monde avec un risque de contamination dans les longues files d'attente.

Pourtant, dans de nombreux pays à l'étranger, les parcs ont déjà rouvert ou sont sur le point de le faire. C'est le cas de Disneyland à Shanghai (mais le pays a été touché plus tôt par la pandémie) mais aussi d'Europa Park en Allemagne (le plus grand parc d'Europe) ou encore de l'Efteling aux Pays-Bas. A chaque fois, en limitant les flux. "Nous avons décidé de reprendre nos activités le 29 mai, explique le parc allemand sur son site. Mais avec un nombre limité de visiteurs, l’univers aquatique Rulantica reste fermé jusqu’à nouvel ordre." Le parc Disneyland chinois n'accueille pour sa part que 30% de sa capacité maximale. 

Disneyland ouvre ses réservations au 15 juillet

La France est semble-t-il plus frileuse. Concernant Disneyland Paris, le plus grand parc français, les réservations sont possibles seulement à partir du 15 juillet. Mais avec aucune certitude que le parc sera bien ouvert à cette date.

"Ce qu'on réclame maintenant c'est une date, explique Nicolas de Villiers du Puy du Fou. Cela prend trois semaines d'ouvrir un parc comme le nôtre. Nous montrons au gouvernement que nous avons pris des mesures importantes: nous organisons la circulation pour que les flux ne se croisent pas, nous distribuons du gel hydroalcoolique, nous désinfectons tous les lieux et l'essentiel de nos spectacles ont lieu en plein air. Nous avons une réputation à tenir, si on demande à rouvrir c'est que nous savons ce que nous faisons."

Plus le temps passe, plus le risque financier s'aggrave pour les entreprises du secteur. Le parc d'attractions Pal près de Lyon a déjà perdu plus de 7 millions d'euros et la compagnie des Alpes qui gère entre autres le parc Asterix et le Futuroscope devrait perdre 90 millions d'euros sur l'année. La compagnie a déjà annoncé qu'elle renonçait à 30 millions d'euros d'investissements prévus cette année.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco