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Déconfinement: les Français se sont rués sur l'alcool, les jouets et l'électroménager

Si les produits festifs et l'équipement de la maison ont largement profité du déconfinement, le textile ou encore l'automobile restent largement boudés par les consommateurs français.

Les premiers chiffres sont tombés. Depuis que les Français ne sont plus confinés, ils consomment davantage. Et les enseignes de grande distribution y ont encore gagné. Dès la première semaine du déconfinement, leurs ventes ont progressé de 9% par rapport à la même période de mai 2019, selon les données de Nielsen. Avec toujours une prime aux achats en ligne avec livraison ou via le drive.

Principale explication de cette forte progression des dépenses: la fermeture des bars et des restaurants combinée avec le droit retrouvé de recevoir amis et famille chez soi. Des retrouvailles apparemment très arrosées. Alors que les ventes de boissons alcoolisées avaient fortement chuté durant le confinement, elles ont bondi depuis le 11 mai.

Les ventes d’alcools entrant dans la composition de cocktails affichent une hausse spectaculaire, toujours par rapport à ce que Nielsen observait sur la même semaine de mai 2019 : +68% pour le gin, + +31% pour la vodka et le rhum.

Alcool
Alcool © Nielsen

Le pastis n’est pas en reste (+23%) avec une hausse identique à celle du vin blanc. Le rosé suit d’assez près (21%). Seul le plus festif des alcools, le champagne, ne suit pas totalement la tendance avec seulement 5% de hausse. Mais comme ses ventes avaient été divisées par deux pendant le confinement, ce retour à la normale est déjà une très bonne nouvelle pour les producteurs de champagne.

Nielsen observe également que les consommateurs continuent à acheter bien plus de surgelés que l’an passé à la même époque. Avec d'un côté le temps estival qui les pousse à manger plus de glaces et de l'autre, une forte proportion de salariés continuant à télétravailler et ayant visiblement pris goût aux plats surgelés qu’on passe au micro-onde à la pause déjeuner.

Coiffeurs et équipements de la maison en hausse

Autres commerces à profiter de la fin du déconfinement, les coiffeurs, les instituts de beauté, les magasins de sport, de jouets ou d’électroménager. Selon le groupement des cartes bancaires, leurs ventes ont été 20% supérieures à leur niveau de l’an passé à la même époque.

Mais tous les commerces autorisés à rouvrir ne sont pas logés à la même enseigne. Les ventes de prêt-à-porter, de textile au sens large restent inférieures de 15%. Tout laisse à penser qu’un grand nombre de Français préfèrent attendre les soldes pour renouveler leur garde-robe.

La situation est encore plus critique pour les concessionnaires automobiles. Alors qu’ils croulent sous les stocks (400.000 véhicules attendent preneurs), le niveau des ventes reste, selon les données d’AAA Data, inférieur de 70% à celle d’une semaine normale. Pour mémoire, durant le confinement, elles avaient chuté de 80%.

Les Français ont la capacité de consommer

Il est désormais acquis que sans injection massive de l’Etat, le moteur ne repartira pas. Bruno Le Maire a d’ailleurs reconnu ce vendredi que les aides à l’achat concerneraient aussi des modèles équipées de moteurs thermiques. Avec ou sans l’aide de l’Etat, toutes les entreprises qui ont des biens durables à vendre espèrent que l’épargne forcée accumulée pendant le confinement va aussi inciter les Français à ne pas se contenter de petits achats plaisirs.

De fait, les ménages n’ont jamais eu autant d’argent sur leurs livrets d’épargne. Un livret A sur six présente un solde supérieur à 15.000 euros. La capacité à consommer est une réalité pour un nombre assez important de Français qui détiennent une des clés de la relance, seule issue pour éviter des vagues massives de licenciement. Encore faut-il qu’ils n’aient pas peur de perdre eux-mêmes leur emploi. Sinon l’épargne forcée se transformera vite en épargne de précaution.

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco