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Ce qui va changer dans nos habitudes de consommation après la crise du coronavirus

Un supermarché

Un supermarché - AFP

Depuis le confinement, les Français achètent plus de farine et délaissent le parfum. Mais ces nouvelles tendances de consommation vont-elles perdurer à plus ou moins long terme? Voici ce que les analystes de Kantar prédisent pour la suite.

Avant l’épidémie, la grosse tendance qui dominait les comportement des consommateurs en France était le "consommer moins mais mieux". Globalement, les volumes de ventes de produits de grande consommation baissaient de 1,2% selon Kantar, mais les acheteurs allaient vers du plus qualitatif, des produits "écolo", etc.

Et puis le mois de mars et le Covid 19 sont arrivés en France, et ont totalement chamboulé les habitudes de consommation des Français. Ce qu’ils achètent, l’endroit où ils font leurs courses et leur manière de consommer change d’une semaine sur l’autre. Mais lorsqu’ils retrouveront une routine de courses, que va-t-il rester des tendances nées avec la crise sanitaire? C’est la question à laquelle a répondu l’institut Kantar via une vaste étude menée en mars. Voici ses enseignements.

  • Le facteur prix va redevenir fondamental

Avant et au début du confinement, les Français se sont rués faire des stocks en supermarché. Si bien qu’au mois de mars, les ventes de la grande distribution ont augmenté de 20% à la fois en valeur et en volume. “Du jamais-vu” de mémoire d’analyste Kantar. Et le facteur prix a assez peu compté à leurs yeux: les foyers ont dépensé en moyenne 48 euros de plus à chaque visite. Mais pour Kantar, le prix va redevenir très vite un critère de choix prépondérant, du fait de l’impact de la crise sur leurs finances. Ils étaient en effet 56% début avril à penser que leurs revenus allaient diminuer à moyen terme. “On ne va bientôt plus parler de pouvoir d’achat mais de capacité d’achat”, souligne Gaelle Le Floch, directrice stratégique chez Kantar. 

  • Les hyper vont continuer de se vider, les drive de faire le plein

Depuis qu’ils sont confinés, les Français sont désormais 58% à préférer faire leurs courses au plus près de chez eux, et 42% à éviter les hypermarchés, ces très grandes surfaces à la périphérie des villes où les Français craignent de croiser trop de monde. 

Ainsi les hypers, qui connaissaient déjà avant la crise “une baisse régulière et structurelle de leur fréquentation, ont encore perdu 2,3 points de parts de marché en quelques semaines, c’est énorme”, souligne Gaelle Le Floch. 

A l’opposé, le drive a cartonné et va continuer. 7% des Français l’ont utilisé pour la première fois depuis l’entrée en confinement, et 2% prévoient de continuer, ce qui revient à 30% de clientèle en plus pour ce mode de distribution. Un attrait qui “perdurera au-delà du confinement”, prévoit Gaelle Le Floch

  • L’origine du produit va prendre une place encore plus majeure

Dans un premier temps, les Français ont délaissé l’appli Yuka et mis de côté l’aspect éthique de leur consommation au début du confinement. Mais ils ont vite redonné de l’importance à certains critères de choix, comme l’origine du produit. Début avril, ils étaient 75% a déclarer essayer d’acheter local autant que possible, et 53% à favoriser les ventes directes des producteurs. Pour Kantar, c’est la conséquence de la mise sur la table de la question de la souveraineté alimentaire par Emmanuel Macron lors de ses discours, et des campagnes de pub des distributeurs pour soutenir les producteurs locaux. Et cette tendance va s’intensifier selon les analystes. 

  • L’alcool va redécoller

Pendant le confinement, les ventes d’alcool des distributeurs ont baissé de 10% a constaté Kantar. Mais le cabinet estime que la mode des apéros virtuels et la baisse des stocks de bouteilles dans les buffets des Français va provoquer à court-terme une augmentation des ventes d’alcool traditionnels de l’apéritif. 

  • Les produits d'entretien vont garder le vent en poupe

Kantar prévoit que les nettoyants pour la maison, que 26% des Français ont acheté plus que d’habitude depuis le début du confinement, restent à un haut niveau de vente à long terme.

  • La mode et le maquillage boudés pour longtemps

Pendant le confinement, la demande en maquillage a chuté de 12%, celle en produits pour s’épiler de 6% et celle en parfum de 2%. Or pour Kantar, cette catégorie de produit est celle qui va reprendre le plus lentement, au rythme de l’économie du pays. En revanche, la coloration, seul article du rayon hygiène et beauté à avoir tiré son épingle du jeu avec des ventes en hausse de 21%, va reculer dès que les coiffeurs auront rouvert. 

  • Les stars du confinement vont déchanter

Enfin sur les produits de longue conservation, comme les pâtes, le riz, les conserves et autres produits apertisés, Kantar prévoit un retour à la normale très rapide, puisque les stocks des Français sont désormais constitués.

Nina Godart
https://twitter.com/ninagodart Nina Godart Journaliste BFM Éco