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Crise sanitaire: 2 milliards d'euros de pertes à la SNCF, son PDG envisage des suppressions de postes

Le trafic ferroviaire a atteint "un plancher" avec notamment 42 TGV par jour sur environ 700 habituellement, indique la SNCF

Le trafic ferroviaire a atteint "un plancher" avec notamment 42 TGV par jour sur environ 700 habituellement, indique la SNCF - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La crise du coronavirus devrait représenter 2 milliards d'euros de manque à gagner pour la SNCF, assure le PDG de la compagnie. Des suppressions de postes sont envisagés.

La crise du coronavirus va peser très lourd dans les comptes de la SNCF. Après une année marquée par les grèves et une perte de chiffre d'affaires de 690 millions d'euros, la crise actuelle va encore davantage entamer les comptes de la compagnie ferroviaire. 

Selon le PDG de la SNCF, le manque à gagner devrait s'élever cette année à 2 milliards d'euros. 

"On est à peu près à deux milliards d'euros de chiffre d'affaires qui nous manquent" en raison de l'épidémie, a indiqué Jean-Pierre Farandou sur France Inter, évoquant un "choc violent" se cumulant avec le milliard de manque à gagner subi pendant la grève contre la réforme des retraites.

Pour surmonter le choc le patron de la compagnie envisage un plan d'aide de l'Etat et des suppressions de postes.

"Pas illogique d'ajuster le niveau d'emploi"

"Nous allons réduire les investissements, serrer les coûts de fonctionnement, jouer sur le fond de roulement. Le management va prendre les décisions normales de gestion de crise. Je crains que notre endettement soit trop important. Dans ce cas, il n'est pas anormal de se tourner vers son actionnaire, le nôtre c'est l'Etat, pour restaurer la balance de notre entreprise. Il n'est pas anormal de réfléchir à un plan d'aide pour la SNCF", explique Jean-Pierre Farandou. 

Une réduction de coût qui pourrait aussi passer par des suppressions de postes. Cela dépendra du retour à la normale.

"Si la reprise est lente et que nous produisons moins de trains que par le passé, il ne sera pas anormal ou illogique d'ajuster le niveau d'emploi au volume d'activité, estime le PDG. Il est encore trop tôt pour calibrer les chiffres, mais la thématique est sur la table et nous l'examinerons le moment venu en toute transparence avec les organisations syndicales."

Pour autant il n'y aura pas de plan de licenciement, assure-t-on du côté de la SNCF. D'ailleurs cela est impossible puisque 90% des 146.000 cheminots sont au statut.

"Nous sommes un des premiers recruteurs de France avec environ 5000 embauches tous les ans, explique un porte-parole de la compagnie. Les effets de la crise que nous vivons et les incertitudes sur les perspectives pour le train obligent naturellement à ce type de réflexion. Encore une fois, pas de décision à ce stade mais une réflexion dans le cadre normal d'une entreprise qui souffre et doit traverser cette crise et ses répercussions."
Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco