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Coup d'envoi pour le label protégeant les couteaux de Laguiole et le savon de Marseille

Les couteaux Laguiole font partie des candidats au label

Les couteaux Laguiole font partie des candidats au label - Remy Gabalda - AFP

Le décret portant la création de l'indication géographique devant protéger les produits non alimentaire des régions françaises a été publié ce mercredi 3 juin au Journal officiel. Une mesure qui vise à lutter contre la contrefaçon.

L'attente aura été longue. Promise depuis plus d'un an avec l'adoption de la loi Hamon, "l'indication géographique" devant protéger les produits manufacturés des régions françaises entre enfin en vigueur. Le décret portant la création de ce label protecteur a en effet été signé et publié au Journal officiel ce mercredi 3 juin.

Pour rappel, le but de ce dispositif vise à protéger le savoir-faire hexagonal en préservant de la contrefaçon des produits aussi diverses et réputés que les parfums de Grasses, les couteaux de Laguiole ou encore les savons et savonnettes de Marseille.

En effet, grâce aux AOC et AOP, seuls les produits alimentaires bénéficient d'une telle protection à l'heure actuelle.

En revanche pour les autres produits "jusqu'ici c'était le monde à l'envers. Une seule personne pouvait s'approprier le nom de votre ville et nuire à son image", peste Vincent Alazard le maire de Laguiole, dans Le Parisien de ce mercredi 3 juin.

Ainsi la création de l'indication géographique permet "aux produits français d’obtenir une protection sur le territoire national et de valoriser les productions industrielles et artisanales locales", comme l'expliquait la loi Hamon.

Concrètement le décret modifie le code de la propriété intellectuelle et permet aux fabricants regroupés en organismes de défense et de gestion (ODG) de déposer un cahier des charges auprès de l'Inpi (l'institut national pour la propriété industrielle) pour pouvoir obtenir ce label "indication géographique" (IG) dans un délai de six mois, explique Le Parisien.

Des difficultés pour le label

238 produits seraient candidats à ce label, selon une liste publiée le 27 février dernier par les Echos. Mais la procédure ne serait pas si évidente. "Cet IG combine deux difficultés : un procédé technique difficile à définir et l’appréciation du lien avec le territoire, qui n’est pas aussi évident que dans l’alimentaire", expliquait en février dernier au quotidien économique Etienne Leroy, responsable IG à l'INPI.

Carole Delga, le secrétaire d'Etat au Commerce et à l'Artisanat, qui doit tenir ce matin une conférence de presse sur le sujet, a elle déjà vanté "un dispositif qui améliore la transparence pour le consommateur sur l'origine et le mode de fabrication des produits, reconnaît et met en valeur des savoir-faire, et valorise nos "made in" locaux". Elle y voit "un véritable levier de développement économique dans tous nos territoires".

J.M.