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Cette start-up se veut l'Airbnb des hôpitaux pour les patients étrangers

Les hôpitaux partenaires d'indigomed.net travaillent avec la plateforme sur l'organisation de parcours de soins coordonnés pour les patients étrangers

Les hôpitaux partenaires d'indigomed.net travaillent avec la plateforme sur l'organisation de parcours de soins coordonnés pour les patients étrangers - Guillaume Souvant-AFP

"Le site Indigomed.net met en relation des patients étrangers avec des structures de soins françaises et européennes. Dispensant un deuxième avis médical en ligne, elle vise la classe moyenne en quête de traitements  complexes, en organisant pour eux les soins médicaux."

Les hôpitaux français, réputés pour la qualité de leurs soins, ont-il un potentiel inexploité du côté de la clientèle étrangère ? L’accueil en France de cette patientèle extra-territoriale "pourrait permettre une augmentation de ressource de 20%, voir 30% pour certains hôpitaux, sans pour autant porter préjudice aux patients français en terme de disponibilité et d’accès aux soins" explique Massimo di Cicilia. Cet entrepreneur s'est associé avec Anne Lepetit, médecin, pour développer, en France, une plate-forme Internet favorisant la mobilité internationale et l’accès aux soins. Elle est opérationnelle depuis février 2016, avec un financement sur fonds propres de 450.000 euros, en attendant une augmentation de capital à la fin de l'année.

Cette initiative prend corps alors que l'hôpital de Calais vient de signer au début 2016 une convention avec le National Health Service (NHS) (l'équivalent de la sécurité sociale britannique) afin que les patients d'outre-Manche puissent y être opérés dans le cadre de leur système de santé.

Le site internet des deux entrepreneurs, indigomed.net, se veut une sorte de Airbnb de la médecine. Il connecte les patients internationaux, leurs médecins traitants et les établissements médicaux d'accueil en France mais aussi en Europe (Italie et Allemagne).

Le site vise la patientèle nord-américaine ou du Moyen-Orient

Souhaitant éviter l'amalgame avec le tourisme médical qui porte sur des soins de dentisterie ou de chirurgie esthétique, Massimo Di Cicilia préfère parler de "traitement sans frontière", en privilégiant les soins "lourds". Et pour que "le système soit sain, la rétribution en France bénéficie aux hôpitaux, non pas aux médecins" explique-t-il.

Le projet affirme viser "des patients issus de la classe moyenne outre-Atlantique ou au Moyen-Orient qui bénéficieront d’une bonne qualité de traitement et qui coûtera moins cher que dans leur pays de résidence, surtout les États Unis".

L’APHP (assistance publique des hôpitaux de Paris) est un des partenaires du site, tout comme des hôpitaux parisiens privés (Fondation Rothschild, Institut Mutualiste Montsouris,…) et des hôpitaux en région, comme Les Nouvelles Cliniques de Nantes (Groupe Le Confluent).

Un deuxième avis médical payant, est fourni en ligne

"Les hôpitaux travaillent avec nous sur l'organisation de parcours de soins coordonnées pour ces patients, en s'engageant sur la qualité de prise en charge et de planning d'intervention" explique le fondateur d'indigomed.net.

Le cœur de son activité consiste à gérer le transfert de dossiers médicaux entre des patients et leurs médecins et des hôpitaux ne se trouvant pas dans le même pays pour aboutir à une proposition de traitement et l’organisation des soins dans le pays d'accueil.

La plate-forme d'intermédiation se charge de la qualification du dossier médical du patient étranger qui sollicite ses services. Elle dispense une prestation payante consistant à fournir en ligne un deuxième avis médical. Elle traite aussi le financement de soins et de recouvrement : négociation avec la sécurité sociale d'origine du patient (ou ambassades) et ou les assureurs ou les courtiers gestionnaires de l'assurance santé. 

Son modèle économique repose aussi sur des frais de gestion du dossier médical. Ils sont fonction du nombre d'établissement de soins à coordonner.

Frédéric Bergé