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Cette coopérative parisienne pourrait changer la vie des livreurs à vélo

Une coopérative pourrait donner aux coursiers à vélo une protection que ne leur offre pas le statut d'autoentrepreneur.

Une coopérative pourrait donner aux coursiers à vélo une protection que ne leur offre pas le statut d'autoentrepreneur. - Take Eat Easy

A l'initiative d'une élue Parti de Gauche, la ville de Paris va appuyer la création d'une coopérative permettant aux coursiers auto-entrepreneurs de mieux faire valoir leurs droits face aux plate-formes de livraisons de repas.

Après Amazon et ses livraisons en une heure, après Uber et sa concurrence avec les taxis parisiens, c’est au tour des coursiers à vélo, victimes cet été de la chute de deux importantes plateformes de livraisons de repas (Take Eat Easy et Toktoktok), de trouver le soutien des élus parisiens.

Ces livreurs sont des auto-entrepreneurs et pour Danielle Simonnet, conseillère de Paris et coordinatrice du Parti de Gauche, il est urgent de les aider. Ceux qui travaillaient pour les plateformes de livraison ayant mis la clé sous la porte n’ont pas été payés. Or, de par leur statut, ils ne peuvent bénéficier d’aucune assistance. Et, en cas d’accident, la plateforme les "déconnecte", les privant de tout revenu pendant plusieurs semaines.

L’idée de Danielle Simonnet repose sur la création d’une coopérative soutenue par la municipalité pour les fédérer dans une structure fiable, puissante et éthique. Elle a déposé un vœu lors du Conseil de Paris. Et, à son grand étonnement, l’idée d’une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) a reçu le soutien des élus qui ont l’adopté ce mardi après amendement. "C’est une coopérative au statut particulier qui permet aux collectivités de s’associer, ainsi que les livreurs qui en font partie", précise Danielle Simonnet.

Une coop, une marque, un label

Pour l’instant, l’idée reste à défricher pour établir un modèle efficace. "On en est au tout début de ce projet, a indiqué l'élue à BFM Business. L’idée à quelques semaines, mais c’est une solution pour que les coursiers sortent de cette précarité absolue."

Pour ce projet, Danielle Simonnet veut s’inspirer de cas concrets comme la GScop des taxis ou la Coopaname, qui est la plus importante coopérative d'activités et d'emplois avec plus de 600 entrepreneurs associés. "Il faut lancer une organisation imposante, pas une petite coopérative qui n’aurait aucun poids face à des acteurs puissants qui se dissimulent derrière l’image de start-up cool."

Pour la réussite du projet, la conseillère de Paris sait que l’appui de la ville ne suffira pas. "Il faut une marque, un label identifiable par les restaurateurs et les Parisiens qui choisiront leurs plateformes de restauration si elle fait travailler les coursiers de la coopérative parisienne. La collectivité peut apporter ce label."

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco