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Bientôt des "rayons anti-gaspi" dans les supermarchés

30 acteurs de l’agroalimentaire comme Nestlé, Auchan ou Casino ont pris 10 engagements pour moins jeter de produits encore consommables, mais dont la date de durabilité minimale est dépassée. Une pratique qui représente 20% du gaspillage alimentaire en France.

Connaissez-vous la différence entre date limite de consommation (DLC) et date de durabilité minimale (DDM)? Une fois la DLC passée, le produit devient impropre à la consommation. Alors qu’on ne risque rien à manger un aliment dont la DDM est dépassée. Simplement, à partir de cette date, le goût, la couleur, la texture du produit, peuvent se dégrader.

Problème: 53% des Français ne le savent pas, et jettent des aliments sur lequel il est écrit "à consommer de préférence avant" (et non "à consommer jusqu’au"). La mise à la benne de produits dont la DDM est dépassée représente ainsi 20% du total du gâchis alimentaire en France.

"Après la date, observez, sentez, goutez"

Pour lutter contre cette forme de gaspillage, l’application Too Good to Go a convaincu 34 acteurs de la filière alimentaire de mieux communiquer sur ces différences. Des grands noms comme Danone ou Nestlé, des plus petits comme les 2 Vaches et Michel et Augustin, des géants de la distribution comme Carrefour, Leclerc, Auchan, Casino, les magasins U, etc. ont signé mardi soir le "Pacte sur les dates de consommation", qui les engagent à adopter 10 bonnes pratiques à ce sujet.

Parmi ces 10 engagements, figure par exemple, côté distributeurs, celui d’installer des "rayons anti-gaspi", où seraient réunis tous les produits dont la date de durabilité minimale est dépassée. Des produits qui seraient vendus en promo. Côté fabricants, on prévoit d’afficher sur les produits avec DDM la mention "après la date, observez, sentez, goûtez". Une manière de faire mieux comprendre au consommateur que le produit reste consommable.

Autre engagement : faire disparaître toute date limite des produits qui ne se périment jamais. "Des aliments comme le fromage à pâte dure, le vinaigre, le miel, le sel, ne deviennent jamais impropres à la consommation ", souligne Lucie Basch, la fondatrice de Too Good to Go.

Mieux former leurs salariés

Les distributeurs et fabricants vont également mieux former leurs salariés à ces nuances. "On s’est rendu compte que souvent, même les collaborateurs du groupe ne sont pas au courant qu’il y a ces deux dates qui ne veulent pas dire la même chose. Mieux informés, ils pourront prendre des initiatives en interne pour réduire le gaspillage alimentaire", se félicite Lucie Basch.

Car l’objectif de ce Pacte, soutenu par les ministères de la Transition Écologique et de l’Agriculture et de l’Alimentation, est bien de réduire le gaspillage d’un bout à l’autre de la chaîne alimentaire. Et donc aussi en amont de l’arrivée des aliments dans les linéaires.

Le dernier des engagements porte ainsi sur la "règle des un tiers/deux tiers", cet usage dans l’industrie agroalimentaire qui consiste à jeter des produits tout juste livrés au distributeur s’il lui reste moins des deux tiers de sa durée de vie. "Un aliment qui se périme au bout de 2 ans, s’il arrivait au magasin moins de 16 mois avant sa péremption, était mis à la benne", détaille Lucie Bash. Désormais, il ira quand même en rayon.

Nina Godart