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Avec Swipsi, Le Bon Coin confirme son intérêt pour les applis mobiles

L'application d'achat-vente d'article de mode d'occasion est disponible au téléchargement depuis le 16 avril.

L'application d'achat-vente d'article de mode d'occasion est disponible au téléchargement depuis le 16 avril. - Swipsi

"Conscient qu'il ne peut se contenter de la puissance de son site internet, Le Bon Coin a décidé de lancer des applications sur mobile par thématique. A commencer par la mode vintage. Un marché où il n'est pas seul. Mais son appli s'inspire des recettes qui ont fait le succès du site."

Après Vide dressing, Vinted et Vestiaire Collective, une petite nouvelle a vu le jour dans la famille des applications dédiées aux amateurs de vêtements vintage: Swipsi. Disponible sur l'AppleStore depuis le 16 avril, cette petite appli ciblant les jeunes femmes à la recherche de la bonne affaire devrait vite grandir. Car derrière Swipsi figure un redoutable expert du sujet de la revente de biens d'occasion: Leboncoin.

Comme sur le site -régulièrement classé parmi les plus visités par les internautes français-, aucune commission n’est prélevée sur la vente. Il est possible de rechercher des articles de façon personnalisée (taille, prix, pointure) et géolocalisée. Reste une question: pourquoi Leboncoin lance-t-il une appli qui, potentiellement, peut conduire des internautes à délaisser son site?

Des internautes de plus en plus mobiles

Ce choix présenté comme stratégique repose sur une double logique: s’adapter aux usages de la mobilité et développer davantage des offres par division sectorielle (emploi, l’immobilier, la mode, etc). "On est en train de prendre un grand virage pour adapter nos services sur les applications", annonçait d’ailleurs mi-septembre Antoine Jouteau, le PDG du boncoin, sur le plateau de BFM Business. À ce jour, environ 55% des visites sur Leboncoin.fr se font depuis un terminal mobile (smartphone ou tablette), et le site prévoit que ce chiffre progresse jusqu’à 65% d’ici à fin 2016.

Avant la mode féminine, Leboncoin a accéléré sur un autre secteur: l’emploi. La société a pris une participation dans la start-up Kudoz en septembre dernier, dans le cadre d’une levée de fonds de 1,2 million d’euros. Elle édite une application de mise en relation des candidats à la recherche d’un emploi et des recruteurs via les informations disponibles sur le réseau social professionnel LinkedIn.

Séduire les cadres

"Prendre une participation chez Kudoz nous ouvre des perspectives sur le marché des cadres" expliquait à l’époque Antoine Jouteau. L’ambition est donc de continuer à élargir son audience, alors que le site attire majoritairement des non-cadres. Leboncoin est néanmoins déjà l’un des principaux sites d’annonces d’emploi, le premier privé, avec 5.000 à 6.000 nouvelles offres chaque semaine. L’activité a doublé en un an et demi, elle génère 2,6 millions de visiteurs uniques chaque mois. Antoine Jouteau indiquait déjà en septembre : "L’emploi est capital pour Leboncoin. (…) C’est l’un des segments de croissance de l’entreprise". Il prévoit de monétiser ce segment à moyen terme.

Prochain chantier, améliorer l’offre sur l’immobilier? Vendredi, la direction du Boncoin n’était pas disponible pour nous répondre, mais, à en croire Le Monde, la diversification sectorielle du groupe n’est pas terminée. "l’enseignement, les services à la personne ou encore les événements locaux" analysait le quotidien du soir au mois de janvier. Les applications d’échange d’articles de mode et celle d’emploi ne sont donc pas les seules à pouvoir craindre le site créé en 2006. "Quand Leboncoin s’intéresse à un domaine, il est en mesure de carboniser la concurrence", estime même Yves Marin, consultant chez Kurt Salmon, cité par Le Monde.

Rebooster la rentabilité

À plus long terme, le site pourrait même déployer un le paiement en ligne. "Un certain nombre de nos utilisateurs verraient d’un bon œil que l’on propose des services de paiement entre particuliers digitalisés, soit via le site soit via mobile. Ce sont des pistes qu’on explore" déclarait fin 2014 aux Echos Olivier Aizac, alors directeur général.

La société est rentable depuis quatre ans. Particulièrement rentable même. Son Ebitda a dépassé 100 millions d’euros en 2014, soit les deux tiers de son chiffre d’affaires. Mais le chiffre d’affaires progresse plus vite que les bénéfices et la prévision pour 2016 est plus faible que ce à quoi s’attendaient les analystes. Officiellement, le site table sur une progression de 15 à 20% quand les analystes espéraient près de deux fois mieux. Un ralentissement de croissance qui justifie que le groupe booste ses innovations.

Adeline Raynal