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LeBonCoin embauche massivement et va déménager dans cet immeuble

C'est dans l'actuel immeuble de BETC bien connu des férus d'histoire parisienne que LeBonCoin devrait poser ses valises en novembre prochain.

C'est dans l'actuel immeuble de BETC bien connu des férus d'histoire parisienne que LeBonCoin devrait poser ses valises en novembre prochain. - Google Maps

"Le site de petites annonces, qui va embaucher 100 personnes d'ici la fin 2016, est à l'étroit. Le Bon Coin va donc déménager en novembre dans un étonnant bâtiment parisien occupé aujourd'hui par l'agence de pub BETC. Sur son fronton, on peut lire: "Aux Classes Laborieuses"."

On ne sait pas s'il a trouvé ses nouveaux locaux sur LeBonCoin. En tout cas, le premier site d'annonces immobilières de France (1,6 million d'annonces) a trouvé sa nouvelle adresse. Selon nos informations, Le Bon coin va rester à Paris mais il quittera en novembre le cossu VIIIème arrondissement pour un bâtiment historique de l'Est parisien offrant 4.800 mètres carrés de surface utile. Son nouveau siège sera celui qu'occupe pour quelques mois encore BETC, la plus prestigieuse des agences de pub française, rue du Faubourg Saint-Martin dans le 10ème arrondissement. La pépite du groupe Havas s'installera, elle, à Pantin dans l'ancien bâtiment des Magasins généraux. 

Le futur siège du Bon Coin est bien connu des férus d'histoire parisienne. Construit en 1899 par la société anglaise Aux Classes Laborieuses, Ltd, il s'agissait au départ d'un grand magasin, l'une des toutes premières "cathédrales du commerce", qui vendait du linge de maison, des tissus, mais surtout de la confection pour femmes, hommes et enfants, des meubles, des articles ménagers, de la vaisselle, des jouets, etc. Un grand magasin à l'ancienne qui pratiquait des prix bas pour attirer les milieux populaires, dans un quartier qui l'était sans conteste avant de devenir, ces dernières années, le fief des bobos parisiens. D'ailleurs encore aujourd'hui on peut y voir la mention "Aux Classes Laborieuses" sur la façade conçue par l'architecte français Jacques Hermant.

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Mais la première guerre mondiale aura raison des "Classes laborieuses" et c'est un marchand de meuble, Wolff Lévitan, qui rachète le bâtiment en 1920. Le magasin Lévitan va devenir la référence de l'équipement de la maison dans l'entre-deux-guerre dans la capitale mais aussi au-delà. Les jeunes ménages de province n'hésitent pas à monter à Paris pour s'équiper chez Lévitan et le slogan créé par Marcel Bleustein-Blanchet (le fondateur de Publicis) "Un meuble signé Lévitan est garanti pour longtemps" est alors connu dans toute la France.

La seconde guerre mondiale marquera un coup d'arrêt pour Lévitan. Le magasin deviendra tristement célèbre pour être une annexe du camp de Drancy. Une plaque apposée sur le bâtiment rappelle d'ailleurs la sinistre histoire du bâtiment: "De juillet 1943 à août 1944 cet immeuble, alors magasin Lévitan, a servi d'annexe au camp de Drancy. Ici les prisonniers étaient contraints de trier les meubles et les objets méthodiquement volés par les nazis dans les appartements des juifs. N’oublions jamais."

De 2 à 450 salariés

Reconverti après la guerre en parking puis en immeuble de bureau, la bâtiment est laissé à l'abandon entre 1990 et 2000, date à laquelle BETC décide d'en faire son siège parisien.

C'est donc au tour du Bon Coin d'investir les Classes Laborieuses. Le site qui fête ses 10 ans cette année se développe à vitesse grand V. Après s'être payé un gros lifting (le premier de son histoire), LeBonCoin veut se renforcer dans de nouveaux secteurs comme l'immobilier, l'emploi ou l'offre aux entreprises et embauche à tour de bras. L'entreprises qui comptait 350 salariés à fin 2015 a prévu d'en embaucher 100 de plus d'ici la fin de l'année. Pour mémoire ils n'étaient que 2 en 2006 au lancement du site. Des effectifs trop nombreux pour tenir "chez Georgette", le surnom de leurs locaux actuels en référence au nom de code du site avant son lancement. Les équipes du Bon Coin peuvent déjà commencer à saliver sur leur magnifique future terrasse de 500 mètres carrés qui offre une vue imprenable sur tout Paris. On a connu "classes laborieuses" plus mal loties...

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Frédéric Bianchi