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Avec SignalConso, tous les consommateurs peuvent devenir lanceurs d’alerte

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La plateforme SignalConso a été lancée ce mardi matin dans toute la France. Ce site internet doublé d’une appli permet au consommateur d’alerter directement la Répression des fraudes sur des manquements commerciaux dont ils seraient victimes.

Jusqu’à aujourd’hui, signaler une bande de souris dans un restaurant ou une surfacturation indue de votre opérateur à la Répression des fraudes était fastidieux. Il fallait envoyer un courrier ou téléphoner aux agents de la Direction générale de la Consommation, de la Concurrence et de la Répression des fraudes. Désormais, ce sera beaucoup plus simple, grâce à SignalConso, lancé officiellement ce mardi par le ministère de l’Economie.

SignalConso est à la fois un site internet et une application, tous deux très intuitifs, qui permettent au consommateur de signaler tout problème en quelques clics. On peut par exemple y déclarer la reconduction abusive d’un contrat gaz, ou qu’on a attrapé une intoxication alimentaire après avoir mangé un aliment spécifique. On peut y dénoncer des malfaçons sur un chantier ou des manques sur les étiquettes de produits.

L'entreprise peut répondre sur SignalConso

À chaque signalement, un courrier est généré automatiquement et envoyé au professionnel concerné. Celui-ci peut alors se connecter à SignalConso, consulter la plainte dont il fait l’objet, et y répondre directement sur la plateforme. Une boite de dialogue lui permet en effet d’apporter des explications ou de se défendre auprès du "signalant", à condition que celui-ci ait accepté que son identité soit transmise à l’entreprise en question.

SignalConso, lancé nationalement ce mardi, était déjà testé localement depuis un an. Les régions Centre Val de Loire, Auvergne-Rhône Alpes et Occitanie ont en effet pu tester l’outil en avant-première. En un an, ces trois régions ont enregistré quelques 60.000 visites sur SignalConso et 3400 signalements. Ils portaient principalement sur des problèmes de prix, d’hygiène, de produits périmés toujours en rayon et sur des litiges contractuels.

Lors de cette année de test, pour presque 7 signalements sur 10, le professionnel mis en cause a créé un compte sur SignalConso pour consulter la plainte. Parmi eux, les trois quarts ont répondu au signalant via la plateforme.

"Le consommateur peut ainsi nouer un dialogue instantané avec les entreprises, sans avoir à alpaguer en rayon un salarié qui n’y peut rien", se réjouit la DGCCRF. Il recevra aussi sur la plateforme des conseils pour régler au mieux son problème.

La DGCCRF aussi, y trouve son intérêt, parce qu’elle va pouvoir "utiliser ses moyens humains d’une meilleure façon". Avec SignalConso, plus besoin de précibler les contrôles: les agents de la Répression des fraudes n’auront plus qu’à aller contrôler directement les entreprises qui ne répondent pas au signalement, et celles qui font l’objet de plusieurs plaintes sur la plateforme.

Plutôt SignalConso qu'un bad buzz

"L’idée, c’est de ne pas embêter celles qui jouent le jeu", précise la Répression des fraudes. En outre, chaque signalement alimentera sa base de données, qui ne compilait jusque-là que les 70.000 appels et courriers reçus de consommateurs chaque année. Ces nouveaux signalements pourront ainsi enrichir les dossiers d'autres enquêtes de la DGCCRF déjà en cours.

Même les entreprises se félicitent du lancement de SignalConso. "Elles étaient assez réservées au départ, reconnait Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’Etat à l’Économie. Mais à l’usage, elles ont vite compris l’intérêt de ces échanges à huit-clos entre signalant, signalé et DGCCRF", toujours préférables à un bad buzz sur les réseaux sociaux.

D’autant que jusqu’à présent, les concepteurs de la plateforme n’ont enregistré aucun signalement malveillant, seulement des erreurs liées à une méconnaissance des lois sur la consommation.

Nina Godart