BFM Business

À 10 jours de Pâques, les vendeurs de chocolat ne se font guère d'illusion 

-

- - Pexels

Avec le confinement, les consommateurs n'ont pas le coeur à la fête et les ventes de chocolats devraient chuter d'au moins 30%. Les plus touchées sont les petites chocolateries.

Pâques sera-t-il sans chocolat cette année? A 10 jours du dimanche de Pâques, le secteur du chocolat et de la grande distribution n'ont pas beaucoup d'espoir. Malgré les ventes toujours élevées dans les commerces alimentaires, ils savent que la période n'est pas à la fête.

"Ça va être la catastrophe, tout comme les foires aux vins de printemps, estime Olivier Dauvers, consultant spécialisé dans la consommation. Les ventes seront à -30% au minimum."

Avec le confinement les consommateurs achètent des produits essentiels mais n'ont pas le coeur à la fête. On le voit par exemple avec les ventes d'alcool qui sont en baisse depuis le début du confinement. Et évidemment il n'y aura pas de réunions familiales ce dimanche 12 avril, donc pas de cadeaux à offrir ou de chocolat caché dans le jardin des grands-parents.

La grande distribution qui représente près de 60% des ventes de chocolat sur l'année a déjà acheté et stocké ses produits de longue date. Et si quelques enseignes ont hésité à mettre en avant ces produits festifs, elles y sont toutes passées. Comme Système U qui par la voix de son patron Dominique Schelcher a décidé de proposer ces produits de Pâques pour redonner le moral et aider les entreprises du secteur. 

D'autres enseignes en revanche se retrouvent avec leurs stocks sur les bras impossibles à vendre. C'est le cas de Monoprix qui possède quelques magasins non-alimentaires avec un seul rayon épicerie mais qui se retrouve concerné par le décret de fermeture des magasins. Certains magasins ont décidé de faire don de leur stock à des associations ou aux hôpitaux de leur ville.

La période de Pâques est une période importante pour les chocolatiers. Il se vend chaque année sur quelques jours quelque 15.000 tonnes de chocolat dans toute la France, soit 4% de la consommation annuelle. Ces quelques jours d'avril représente la deuxième période la plus importante après Noël (entre 8 et 9% des ventes).

Les chocolateries très inquiètes

L'essentiel des ventes se fait en hypermarché (58%), ce qui n'est pas une bonne nouvelle car les Français privilégient depuis le début du confinement les magasins de proximité. Les supermarchés représentent eux 37% des ventes annuelles.

Mais c'est pour les chocolatiers que ça s'annonce le plus compliqué. Pour certaines enseignes de chocolat, Pâque représente jusqu'à 30% des ventes annuelles. Et ironie du sort, de nombreuses enseignes ont été livrées quelques jours avant le début du confinement. Et même si les chocolatiers ont le droit d'ouvrir leur boutique, la plupart ont décidé de baisser le rideau alors que les rues des centres-villes sont désertes.

Le secteur s'attend lui aussi à vivre la pire crise de son histoire. "Il n'y aura pas de report d'achat, vous n'allez pas acheter les chocolats de Pâques en juillet, souligne Thierry Lalet, patron d'une des plus grandes chocolateries de Bordeaux dans Le Point. L'été on ne vend pas beaucoup, mais on achète énormément de matière première pour préparer Noël, donc on a besoin de trésorerie."

Pour tenter de sauver ce qui peut l'être, les grandes chaînes tentent de mettre en avant la vente en ligne sur leur site e-commerce. Mais de nombreuses boutiques n'en possèdent pas et le chocolat reste un achat d'opportunité ou d'impulsion.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco