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Chômage partiel: pas de changement au 1er juillet pour les entreprises et les salariés 

Le nouveau projet de budget sera présenté mercredi par le gouvernement

Le nouveau projet de budget sera présenté mercredi par le gouvernement - LOIC VENANCE - AFP

Alors que la ministre du travail négocie justement avec les partenaires sociaux du dispositif de chômage partiel, ses collègues de Bercy ont formulé différentes annonces et préférences ce lundi, forçant les services de Muriel Pénicaud à réagir. Explications.

Comment le dispositif de chômage partiel va-t-il être allégé dans le cadre du déconfinement? En théorie, la réponse n’est pas actée puisque Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, discute justement de cette question avec les syndicats et le patronat ce lundi. Mais à Bercy, chaque ministre et secrétaire d’Etat semble déjà avoir son avis sur la question.

Ainsi, pour Gérald Darmanin, le ministre du Budget, la part de salaire prise en charge par l’Etat pour les actifs au chômage partiel va baisser. Concrètement, "l’État sera là dans les secteurs où il faut être là, l’État retirera le chômage partiel dans les secteurs où il n’y a plus besoin d’être là", a détaillé le ministre, en listant comme secteurs en difficulté "l’hôtellerie, de la restauration, du tourisme, de la culture, du sport".

Darmanin pour une baisse, Le Maire contre

Mais la part de salaire prise en charge par les finances publiques "va baisser un tout petit peu", a-t-il continué. Pour rembourser 60% du salaire du salarié au chômage partiel au lieu des 70% actuels? "C’est cela, a répondu Gérald Darmanin, assurant également que "les salariés ne verront sans doute pas la différence puisqu’il appartient aux chefs d’entreprises de compenser les 10 ou 15% que l’Etat ne mettra plus".

Interrogé au même moment sur France Info sur ce sujet, le ministre de l’Economie, lui, s’est dit Maire défavorable à une baisse de l'indemnisation pour les salariés. "Je n'y suis pas favorable, je considère que l'on doit préserver le pouvoir d'achat des salariés", a indiqué Bruno Le Maire.

"Il y a derrière une question de justice et d'efficacité économique: nous avons aussi besoin d'avoir des salariés qui peuvent consommer, qui peuvent participer à la reconstruction économique que le président de la République a appelé de ses voeux", a souligné le ministre.

"Je considère que l'ajustement qui a été fait depuis le 1er juin en faisant porter aux entrepreneurs une charge un peu plus élevée, mais qui reste raisonnable, était le bon", a-t-il assuré. "Je considère que c'est dans cette direction-là qu'il faut continuer", a-t-il souligné, précisant que "plus de 12 millions de personnes" avaient bénéficié du chômage partiel depuis le début de la crise.

Aucun changement au 1er juillet

De son côté, la secrétaire d’Etat à l’économie, Agnès Pannier-Runacher, avait évoqué vendredi une baisse de l'indemnisation pour les salariés, sans donner de chiffre et en renvoyant "à la négociation en cours entre la ministre du Travail Muriel Pénicaud et les organisations syndicales".

Au milieu du concert, le ministère du travail a publié un communiqué un peu plus tard ce lundi matin, précisant qu’il n’y aurait ni baisse de l'indemnisation du chômage partiel pour les salariés ni diminution de sa prise en charge pour les entreprises au 1er juillet.

"L'information selon laquelle l'indemnisation des salariés en activité partielle passerait à 60% du brut (au 1er juillet) est inexacte. Il n'y aura aucun changement d'indemnisation pour les salariés en activité partielle au 1er juillet", a précisé le ministère dans un message à la presse. Depuis le 1er juin, les entreprises prennent déjà à leur charge 15% du salaire de leurs effectifs en chômage partiel.

Nina Godart