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Chômage partiel: Le Maire ouvert à une meilleure indemnisation, qui coûterait des "centaines de millions d'euros"

Le ministre de l'Économie s'est dit ouvert au déplafonnement du dispositif de financement par l'État du chômage technique, actuellement limité au niveau du Smic. Il a ajouté que son coût pour les finances publiques serait "très élevé".

Alors que plus de 3600 entreprises et leurs 60.000 salariés ont demandé à bénéficier du dispositif de chômage partiel, Bruno Le Maire a évoqué la possibilité de déplafonner le remboursement par l'État de l'indemnisation versé par les employeurs à leurs salariés couverts par ce dispositif. Cette éventuelle mesure s'ajouterait aux multiples autres déjà prises (reports de charges sociales et fiscales) pour soutenir les entreprises pénalisées par le ralentissement de leur activité due à l'épidémie de coronavirus.

"Je pense qu'il faudrait déplafonner" le dispositif, a affirmé le ministre, en déplacement chez un traiteur des Hauts-de-Seine, ajoutant que "ça va se chiffrer en centaines de millions d'euros, mais je pense que c'est de l'argent bien dépensé."

L'indemnité de l'État est plafonnée à 8,04 euros nets de l'heure

Déplafonner revient à augmenter l'indemnité horaire compensatrice versée par l'État aux employeurs ayant recours au dispositif d'activité partielle. Cette compensation est actuellement plafonnée au niveau du Smic horaire (8,04 euros net de l'heure), niveau qui fut relevé récemment par l'exécutif. 

"Je pense qu'il faut profiter de cette crise et des difficultés économiques actuelles pour porter une amélioration radicale du dispositif de chômage partiel en France", a-t-il ajouté, dénonçant un système "lacunaire" et "trop lent".

Par ailleurs, Bruno Le Maire a annoncé la création prochaine d'un "fonds de solidarité" pour aider les entreprises en difficulté à cause des répercussions du coronavirus sur leur activité. "Je veux juste m'assurer que (l'argent) va bien à ceux qui en ont vraiment besoin, les plus petites entreprises et les plus modestes", a-t-il ajouté, faisant suite à une demande unanime de la dizaine de chefs d'entreprises présents à cette table-ronde.

Vers la création d'un fonds de solidarité pour les petites entreprises 

L'accès à ce potentiel fonds, dont le montant n'a pas été précisé mais dont les modalités de financement seront dévoilées lundi prochain, serait décidé sur des critères de chiffre d'affaires, pour le "réserver aux plus petites entreprises", et de perte de chiffre d'affaires ou d'exploitation, a précisé le ministre.

"Je ne veux pas que le fonds permette à certains de se défausser de leur responsabilité", a-t-il insisté, citant les banques, les assureurs et les grands donneurs d'ordre.

La couverture des prêts de Bpifrance passe à 90%

Par ailleurs, le ministre a évoqué un nouveau renforcement du plan de garantie des crédits par Bpifrance, dont le taux de couverture par l'État passe de 40 à 90% pour les PME et qui sera aussi étendu aux entreprises de taille intermédiaire. 

Interpellé sur le niveau d'aide débloqué par l'État après les annonces de plan de plusieurs dizaines de milliards d'euros en Italie, en Allemagne ou au Royaume-Uni, Bruno Le Maire a défendu la "stratégie" française. "La France fait exactement la même chose et au même niveau", a-t-il assuré, disant espérer que "ces mêmes États" se mobiliseront pour lancer un plan de relance européen. Il a également estimé que le plan de soutien annoncé par l'Allemagne "va dans la bonne direction".

Frédéric Bergé avec AFP