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CARTE. En France, la centrale nucléaire de Fessenheim n'est pas la seule à avoir 40 ans (ou presque)

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Plus des trois quarts des réacteurs nucléaires français passeront les 40 ans lors de cette décennie. Un cap symbolique alors qu'à l'époque de leur construction, les centrales étaient conçues pour durer 40 ans. Mais depuis leur construction, elles ont aussi bien changé.

Dans la nuit de vendredi à samedi, le réacteur n°1 de la centrale de Fessenheim sera mis à l'arrêt. Le 30 juin, ce sera au tour du réacteur n°2.

"Une première étape dans la stratégie énergétique de la France, qui vise un rééquilibrage progressif entre l'électricité d'origine nucléaire et l'électricité d'origine renouvelable" s'est félicité Matignon.

42 ans après sa mise en service en 1977, la centrale de Fessenheim était devenue le symbole de tous les dangers de l'atome pour les militants anti-nucléaire, mettant en avant des infrastructures dépassées dans une région où le risque de séisme est avéré.

Les infrastructures ont été conçues pour durer 40 ans

Quand elles ont été construites, les ingénieurs de l'époque tablaient sur une durée d'utilisation de ces centrales de 40 ans. Sur son site internet, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) se veut d'ailleurs rassurante: 

"Il n'y a pas de durée fixe. Sur un plan technique, les centrales nucléaires ont été conçues pour fonctionner au moins 25, 30 ou 40 ans. Mais avec la progression des techniques et des connaissances, les centrales actuellement en fonctionnement ont été améliorées pour continuer à fonctionner avec le plus haut niveau de sûreté possible. Elles pourraient donc éventuellement dépasser ces durées."

Aux Etats-Unis, seul pays à posséder un plus grand parc nucléaire que l'Hexagone, la durée de vie de plusieurs centrales a ainsi été rallongée à 60 ans - contre 40 initialement. En France, l'approche est différente explique l'IRSN:

"Chaque centrale reçoit une autorisation de fonctionnement pour 10 ans. A l'issue de cette période, une visite décennale est organisée pour effectuer des contrôles et confirmer le niveau de sûreté de l'installation. Si tous les contrôles sont satisfaisants, une nouvelle autorisation de fonctionnement est donnée pour 10 ans."

Une réglementation qui permet à aux centrales françaises de continuer à produire de l'énergie, bien qu'elles aient parfois déjà dépassé les 40 ans de mise en service.

La carte des réacteurs nucléaires français

Au Bugey (Ain) par exemple, les quatre réacteurs ont ainsi déjà ce cap symbolique. La carte ci-dessous recense l'ensemble des réacteurs nucléaires français, colorés selon leur ancienneté. 

Un vieillissement du parc, qui selon Greenpeace, appelle à planifier la fermeture de tous les réacteurs nucléaires vieillissants:

"D’ici fin 2020, une douzaine d’autres réacteurs nucléaires auront dépassé 40 ans de fonctionnement et d’ici 2025, deux tiers du parc nucléaire sera périmé. (...) Prolonger les réacteurs bien au-delà de leur durée de vie est dangereux: ils vieillissent, le moteur des réacteurs n’est pas remplaçable, et ils ne sont pas suffisamment protégés contre les risques d’accident grave." 

Découvrez l'âge de chaque réacteur nucléaire français

Le tableau ci-dessous indique la date de mise en service de chaque réacteur nucléaire français et le moment où il dépassera le cap symbolique des 40 ans.

Fin janvier, on apprenait dans Les Echos qu'EDF proposait "la mise à l'arrêt de paires de réacteurs sur les sites de Blayais, Bugey, Chinon, Cruas, Dampierre, Gravelines et Tricastin" d'ici 2035.

Louis Tanca