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Carlos Ghosn estime que les résultats de Renault et Nissan sont "lamentables"

L'ancien patron de l'Alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, lors d'une conférence de presse à Beyrouth le 8 janvier 2020

L'ancien patron de l'Alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, lors d'une conférence de presse à Beyrouth le 8 janvier 2020 - JOSEPH EID © 2019 AFP

L'ex-PDG de l'alliance Renault-Nissan a indiqué qu'il existait "une distanciation sournoise" entre les deux constructeurs.

Dans une interview accordée au Parisien ce lundi, l'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan réfugié au Liban, Carlos Ghosn, a reproché aux deux constructeurs de se "replier sur (eux)-mêmes".

"Il y a un problème de confiance des marchés dans l’Alliance. Personnellement, je trouve les résultats de Nissan et de Renault lamentables. Chacune des deux entreprises se replie sur elle-même. Il n’y a plus de vraie mixité du management entre Renault et Nissan, mais une distanciation sournoise", a-t-il déclaré.

"De novembre 2018 à juin 2020, le cours de l’action GM a baissé de 12 %, celui de Toyota de 15 %. Nissan a accusé une chute de 55 % et Renault de 70 %", a-t-il souligné.

"Obstacle technique"

Accusé de malversations financières, Carlos Ghosn avait été arrêté au Japon en novembre 2018. Et fin 2019, il avait rejoint le Liban via la Turquie lors d'une opération d'exfiltration. Selon Le Parisien, il devait être entendu le 13 juillet par un juge d'instruction à Nanterre mais l'ex-PDG évoque un "obstacle technique" ayant empêché la tenue de l'audition.

"Mes avocats discutaient avec le juge d'instruction des conditions de cette audition depuis des semaines. Il y a un obstacle technique. Mon passeport est entre les mains du procureur général au Liban, car le Japon a émis un mandat d'arrêt international me concernant. Je souhaite aussi avoir la certitude que ma sécurité est assurée et que l'on me garantit une liberté de circulation", a expliqué Carlos Ghosn, précisant que pour se rendre en France il doit "traverser d'autres pays".

"Personne ne peut m'assurer que le voyage sera sans interruption, sans accident. Le juge pourrait par exemple me faire interroger à Beyrouth où je suis prêt à répondre à toutes ses questions", a assuré l'ancien magnat de l'automobile qui était sous contrôle judiciaire quand il a été exfiltré au Liban.

"Fier" de son bilan à la tête de Renault-Nissan

Il était en liberté sous caution, avec interdiction de quitter le Japon, quand il a été exfiltré de l'archipel lors d'une évasion spectaculaire le soir du 29 décembre. Une fois au Liban, il s'est posé en victime d'un "coup monté" et a assuré ne pas avoir eu "d'autres choix" que de fuir une justice "partiale".

Début juillet, un tribunal d'Istanbul a commencé à juger sept ressortissants turcs accusés d'avoir aidé Carlos Ghosn dans sa fuite. Selon l'acte d'accusation, il était dissimulé pendant le trajet dans un volumineux caisson pour instrument de musique dans lequel des trous avaient été percés afin de permettre au fugitif de respirer.

Interrogé par Le Parisien sur ce qu'il attendait de la France, Carlos Ghosn a répondu qu'il n'était "pas naïf...". "Je n'ai pas fait l'ENA, je n'ai pas les connexions habituelles du patronat français, je n'appartiens pas à l'establishment. Le microcosme ne me considérait pas à juste titre comme faisant partie des siens", a-t-il détaillé. Interrogé par ailleurs sur son bilan contesté à la tête de l'alliance Renault-Nissan, il a répondu qu'il en était "fier".

"J'aimerais que l'on m'explique, si j'étais mauvais, pourquoi on a renouvelé mon contrat en juin 2018, soit quelques mois seulement avant mon arrestation au Japon? Le Conseil d'administration où siègent deux représentants de l'Etat m'a demandé dans son ensemble de rester quatre ans de plus. Ils connaissaient tout de moi: ma stratégie, mon management, ma personnalité. Cela fait tout de même 17 ans que je suis à la tête de Nissan, treize ans de Renault, trois ans chez Mitsubishi. Si j'avais été un 'fou des volumes' (de production, ndlr), on s'en serait aperçu, non?", a-t-il observé.

P.L avec AFP