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Banques en ligne: attention aux hausses de tarifs subtiles ou dissimulées

L'enjeu pour ces nouveaux acteurs du monde bancaire, même lorsqu'ils sont adossés à de grandes groupes, consiste à réduire leurs coûts d'acquisition (et en particulier les primes de parrainage ou d'ouverture) ou à augmenter leurs tarifs, ou à faire les deux.

L'enjeu pour ces nouveaux acteurs du monde bancaire, même lorsqu'ils sont adossés à de grandes groupes, consiste à réduire leurs coûts d'acquisition (et en particulier les primes de parrainage ou d'ouverture) ou à augmenter leurs tarifs, ou à faire les deux. - Denis Charlet-AFP

Ayant scruté leurs tarifs, le site MoneyVox révèle que plusieurs banques en ligne ou néobanques font payer des services gratuits ou pratiquent des hausses de tarifs parfois bien cachées dans leurs documentations.

La crise sanitaire actuelle met aussi sous pression les banques en ligne. "Les banques en ligne et les néobanques modifient discrètement leurs conditions générales et se mettent ainsi à faire payer à leur clientèle des services", selon Maxime Chipoy, président du site Moneyvox, comparateur en ligne de services bancaires.

L'enjeu pour ces nouveaux acteurs du monde bancaire, même lorsqu'ils sont adossés à de grandes groupes, consiste à réduire leurs coûts d'acquisition (et en particulier les coûteuses primes de parrainage ou d'ouverture de compte) ou à augmenter leurs tarifs, ou bien... à faire les deux.

"Si le sujet reste tabou chez les leaders Boursorama et Fortuneo, qui misent tout sur le tarifs, ING et Hello Bank commencent à rendre des opérations payantes ou à monter les prix", explique cet observateur avisé du milieu bancaire.

Hello bank fait payer les copies de chèques

Chez le néerlandais ING, le duplicata de relevé de compte papier n'est plus gratuit: il est désormais facturé 1,50 euro par relevé. La délivrance d'attestations simples (solde, virement émis, clôture de compte, détention d'un compte bancaire) coûte 15 euros par document (contre 12 euros par attestation diverse).

Pour Hello bank (groupe BNP Paribas), les tarifs des offres de relevés de situation (par trimestre) passent de 8,50 à 10 euros (Formule 1) et pour la Formule Reflets, soit 5 relevés, de 11,50 à 13 euros. Le client qui demande la photocopie d'un chèque émis de moins d'un an devra payer 12,90 euros alors que ce service était jusqu'à présent gratuit, tout comme l'était la copie d'un chèque de plus d'un an qui est désormais facturée 27 euros.

Revolut double les frais d'opération de change le week-end

Pour la néobanque britannique Revolut, des frais de 0,5% seront appliqués au-dessus de 1000 euros (contre 6000 euros actuellement) changés dans une autre devise (sauf abonnements Premium et Metal qui restent illimités). Pour les opérations de change effectuées le week-end, Revolut applique une majoration des frais. Elle double, passant de 0,5% à 1% pour les principales devises.

"En cas de virement vers un pays dans une devise différente de sa devise nationale, des frais de 3 euros pour des opérations en dollars américains, ou de 5 euros pour les virements libellés dans d'autres devises, sont appliqués", selon le comparateur en ligne de services bancaires.

Orangebank: plus de débit différé avec la Mastercard gratuite

Chez Orangebank, c'est un changement aux conséquences plus subtiles qui a été annoncé en plein été: le remplacement de la carte Visa par la Mastercard. Même si celle-ci restera au même tarif (gratuite dans le cas d'un Visa Classic), "si vous aviez choisi Orange Bank pour sa carte classique gratuite à débit différé, celle-ci va disparaître du catalogue de la banque en ligne", explique Moneyvox.

À la place, les clients auront une Mastercard, dénommée Standard par Orange, à débit immédiat, ce qui sera peut-être mal perçu par les clients existants. Ceux qui avaient opté pour une carte Premium (payante, au tarif inchangé) pourront toujours choisir le type de débit (immédiat ou différé).

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco