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Après une saison blanche, les stations d'hiver recrutent déjà les saisonniers

L'hiver 2021/2022 sera crucial pour l'ensemble des professionnels de la montagne, qui ont particulièrement souffert de la fermeture des remontées mécaniques. Reste que les employés ne seront pas forcément au rendez-vous.

A peine l'été terminé, les professionnels de l'hiver sont déjà sur le pied de guerre pour la saison qui s'annonce. Et les saisonniers aussi. "On commence déjà à recevoir des CV pour l'hiver aux alentours d'août et septembre" témoigne sur BFMTV Florence Alengrin, responsable administrative de l'office de Tourisme d'Isola 2000.

Et c'est une bonne nouvelle car, après une année catastrophique marquée par la fermeture des remontées mécaniques, les stations ont un besoin urgent de refaire le plein. La demande s'annonce forte et les recrutements de saisonniers sont déjà élevés: 2000 employés recherchés pour le Club Med, 900 personnes pour Pierre & Vacances, 470 saisonniers pour Villages Clubs du Soleil…

"Reconquérir les collaborateurs"

Sauf que les saisonniers habituels ne seront pas tous au rendez-vous, notamment dans le secteur de la restauration qui souffre déjà d'un manque de main d'œuvre criant depuis la pandémie.

"La quasi fermeture des stations de montagne l’an passé à fortement bouleversé les recrutements: il nous faut reconquérir les collaborateurs saisonniers qui ont dû se tourner vers d’autres emplois" explique au site spécialisé TourMaG Sylvain Antonot, DRH de Pierre & Vacances.

Les recrutements ont donc été avancés tandis que le Club Med a lancé début septembre une campagne de recrutement pour ses resorts alpins européens, en lien avec Pôle emploi ou et les Missions locales.

Les salaires, question sensibles

Mais encore faut-il trouver la main d'œuvre nécessaire et les questions de rémunération et qualité de vie seront cruciales cette saison pour faire revenir les employés ou en séduire de nouveaux. Ces difficultés de recrutement ont d'ailleurs été observées dans les stations balnéaires cet été tout comme dans les vignobles. La ministre du Travail Elisabeth Borne a d'ailleurs lancé les négociations entre les partenaires sociaux sur la question de la rémunération dans le secteur de la restauration.

Pour le monde de la neige, l'équation financière s'annonce compliquée. Si l'Etat a présenté un plan "Avenir Montagnes" de 643 millions d’euros pour aider le secteur à se relever, le manque à gagner total se comptait en plusieurs milliards d'euros avec notamment une chute de 70 à 100% de la fréquentation des hébergements professionnels. Malgré les aides et les crédits, c'est donc tout un secteur qui espère trouver un nouveau souffle.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business