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Amazon: des syndicats dénoncent des conditions de travail "à risques" à l'approche des fêtes

Le refus d'une prime a entraîné des "débrayages" sur plusieurs sites lundi soir et mardi

Le refus d'une prime a entraîné des "débrayages" sur plusieurs sites lundi soir et mardi - Denys Charlet - AFP

SUD et la CGT d'Amazon France dénoncent des conditions de travail "à risques" à l'approche des fêtes de fin d'année. Amazon rappelle la mise en place de "150 processus liés au COVID-19". .

Les syndicats SUD et CGT d'Amazon France ont dénoncé mardi des conditions de travail "à risques", à l'approche des fêtes de fin d'année, avec "l'embauche massive d'intérimaires" mettant à mal la distanciation sociale.

"Sur tous les sites, il y a du travail par-dessus la tête, on ne peut pas gérer sans risques l'afflux des effectifs. L'entreprise a d'ailleurs mis en place un dépistage sur la base du volontariat", a déclaré à l'AFP Alain Jeault (CGT, 3e syndicat).

"65 cas positifs ont été recensés la semaine dernière sur l'ensemble du territoire, dont 29 à Lauwin-Planque (Nord), 4 à Boves (Somme), 6 à Senlis (Oise), 6 à Saran (Loiret), 11 à Brétigny-sur-Orge (Essonne) et 9 à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire)", a-t-il ajouté.

"Il y a des masques, la distanciation existe, mais c'est vraiment beaucoup plus difficile sur certains sites. Depuis trois semaines 4000 à 5000 salariés travaillent rien que sur notre site de Lauwin-Planque (Nord)", a indiqué Jérôme Guillain, délégué SUD (1er syndicat) à Lauwin-Planque.

Les syndicats SUD et CGT d'Amazon réclament des contreparties au surcroît d'activité pendant le confinement, dont une augmentation de 2 euros brut de l'heure (comme lors du premier confinement), le maintien à 100% du salaire des personnes à risque qui sont en activité partielle pendant la crise du Covid, ainsi qu'une prime de 1.000 euros, une demande "refusée par la direction", selon eux.

Un accord dans le cadre des NAO

Amazon a tenu a promptement réagi à ces affirmations.

Dans un courrier adressé à BFMTV, la filiale française rappelle que "depuis le début de la pandémie, [elle a] agi rapidement et intégré plus de 150 processus liés au COVID-19 pour assurer la sécurité des personnes". Elle précise que "dans le cadre de notre dialogue continu avec les représentants du personnel, (...), nous avons discuté de sujets liés à la sécurité et à l’organisation des équipes pendant la période des fêtes".

Quant à la demande de prime, Amazon France indique que "cette négociation intervient alors qu’un accord sur la rémunération a déjà été conclu dans le cadre de la négociation annuelle sur les salaires (NAO) cet été".

Selon l'entreprise, cet accord prévoit une prime exceptionnelle de 500 euros versée en juillet, une augmentation générale des salaires de 1,6% ainsi qu'une prime exceptionnelle de fin d’année.

"Nous comprenons que les représentants du personnel demandent plus, mais le fait est qu'Amazon offre déjà la plupart de ce qu'ils demandent, à savoir des salaires et des avantages sociaux compétitifs" répond Amazon en invitant "à comparer nos rémunérations avec les moyennes de l'industrie".
Pascal Samama avec AFP