BFM Business

Aéronatique: le sous-traitant AAA annonce 502 licenciements

Des salariés du sous-traitant aéronautique Simra, installé à Albert (Somme), bloquent depuis jeudi la sortie de produits finis du site pour exprimer leurs inquiétudes sur l'emploi.

Des salariés du sous-traitant aéronautique Simra, installé à Albert (Somme), bloquent depuis jeudi la sortie de produits finis du site pour exprimer leurs inquiétudes sur l'emploi. - PIxabay

Le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) touchera un tiers des effectifs de l'entreprise qui a perdu 65% de son chiffre d'affaires.

Un accord en vue d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) prévoyant le licenciement de 502 personnes au sein du sous-traitant aéronautique AAA, soit près d'un tiers de ses effectifs en France, a été signé vendredi par les syndicats FO et CFE-CGC, ont-ils annoncé dans un communiqué commun.

"La décision fut compliquée et douloureuse, mais nous l'assumons", expliquent les deux syndicats, majoritaires ensemble.

Le plan proposé en juillet par la direction prévoyait de supprimer 719 postes, soit 45% des effectifs, à cause de la chute de l'activité liée à la pandémie de Covid-19. Le nouveau PSE anticipe la suppression de 567 postes (502 licenciements et 65 postes à pourvoir supprimés), selon les syndicats.

AAA (Assistance aéronautique et aérospatiale), qui emploie 1.587 salariés en France et 3.500 dans le monde, est spécialisé dans les services sur site pour des clients tels qu'Airbus, Stelia, Safran et Dassault.

Fournisseur de Airbus, Stelia, Safran et Dassault

"Qu'il y ait une seule personne de licenciée, c'est déjà trop, mais on a signé parce que ça permet demain de conserver 1.050 personnes à AAA et ça permet de garantir un certain nombre d'avancées pour ceux qui seront amenés à partir", a justifié Pierre Martin, délégué syndical CFE-CGC.

Ainsi, une "priorité de réembauche" mois sera accordée pendant 18 mois aux salariés licenciés, en cas de reprise de l'activité.

Du côté de la CFDT, deuxième syndicat de l'entreprise, qui a refusé de signer le PSE, on se dit au contraire "choqué" par ce plan.

"Là où on n'est pas contents, c'est que les dispositifs d'activité partielle de longue durée n'ont pas été pris en compte par l'entreprise", déplore Julien Da'Rolt, secrétaire général CFDT Métaux Somme-Amiens.

"L'aéronautique, ça repartira, donc autant profiter des dispositifs qui existent, il y avait des solutions" pour éviter un PSE, ajoute-t-il.

Concernant les mesures d'accompagnement "on est très en deçà de ce qui se fait de manière habituelle", déplorent Stéphane Ducrocq et Pauline Brocart, avocats de la CFDT. Ils citent notamment le congé de reclassement prévu, d'une durée de six mois avec 70% du salaire, alors que la CFDT en réclamait douze.

65% du chiffre d'affaires en moins

"Si la Direccte (direction du Travail) valide ce plan, on attaquera cette décision et ensuite on espère qu'un maximum de salariés contestera cette décision aux prud'hommes", ont-ils ajouté.

"En quelques mois nous avons perdu 65% de notre chiffre d'affaires", justifie Gilles Chauby, le président d'AAA. Sans le PSE, "fin janvier on était en cessation de paiement (...). On a fait ce qu'on pouvait avec nos moyens", ajoute-t-il.

Les sites les plus touchés sont ceux de Toulouse, avec 241 suppressions de postes, et de Méaulte (Somme), avec 128 postes supprimés sur 155.

Dans un communiqué commun, le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand, le député LFI François Ruffin et le sénateur UDI Stéphane Demilly avaient dénoncé jeudi un plan qui ne laissait que des "miettes" aux salariés, demandant au ministre de l'Économie Bruno Le Maire de "prendre ses responsabilités".

OC avec AFP