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5G: les Britanniques disent détenir des preuves d'une entente entre Huawei et Pékin

La commission de la défense du Parlement britannique affirme avoir des preuves solides d'une entente entre Huawei et Pékin

La commission de la défense du Parlement britannique affirme avoir des preuves solides d'une entente entre Huawei et Pékin - NICOLAS ASFOURI © 2019 AFP

Après les Etats-Unis et l'Allemagne, Londres dit avoir des preuves d'une entente entre Huawei et les services des renseignements chinois.

Après les Etats-Unis et l'Allemagne, c'est au tour du Royaume-Uni d'alourdir le dossier contre Huawei sur des accusations d'espionnage au profit de Pékin. Ce jeudi, la commission de la défense du Parlement britannique affirme avoir des preuves solides d'une telle entente.

Tobias Ellwood, président de cette commission, ne donne pas de détail sur la nature de ces preuves. Il déclare toutefois que "l’Occident doit s’unir de toute urgence pour faire contrepoids à la domination technologique de la Chine". Il alerte sur les risques "d'abandonner notre sécurité nationale au nom du développement technologique à court terme”.

Huawei n'a pas tardé à répondre. Un porte-parole du groupe nie ces accusations "sans fondement " qui "s'appuient sur une opinion plutôt que sur des faits". Il ajoute que "les gens se rappelleront plutôt des investissements de Huawei en Grande-Bretagne au cours des vingt dernières années”.

En attendant, ces déclarations donnent une légimité à la décision du Conseil de sécurité nationale présidé par le Premier ministre Boris Johnson de ne plus utiliser d'équipements de Huawei. Au delà de la 5G, Londres a aussi ordonné le retrait de tous les équipements existants de Huawei d'ici 2027.

L'Allemagne chasse Huawei

Les accusations sans preuves formelles dévoilaient ont aussi été lancées en janvier par l'Allemagne. La presse allemande avait révélé que Berlin disposait de preuves établissant un lien direct entre Huawei avec les services de renseignements chinois.

"En fin d’année 2019, des renseignements nous ont été transmis par les États-Unis, selon lesquels Huawei a coopéré de manière avérée avec les autorités de sécurité chinoises", détaille ainsi un document classifié détenu par le ministère allemand des Affaires étrangères, dévoilé par le quotidien Handelsblatt.

Le ministre allemand des Affaires étrangères (SPD) se disait à l'époque convaincu que les technologies chinoises pourraient "servir de passerelle" pour des missions d'espionnages, voire des cyberattaques.

Les conséquences de ces déclarations ont abouti dès fin septembre à une décision de renforcer la loi allemande sur la sécurité informatique. Berlin voudrait introduire des règles pour assurer la sécurité des réseaux 5G. Selon Handelsblatt, une procédure en deux étapes sera appliquée avec d'abord des tests techniques, puis une "évaluation politique" de la fiabilité des fabricants. Cette procédure équivaudrait à une "exclusion" de Huawei.

Cette décision a valu les félicitations de Washington. Pour le sous-secrétaire d'État américain Keith Krach cette loi sur la sécurité informatique va "dans la bonne direction".

Il a ajouté que Washington se tient désormais prêt à accueillir l'Allemagne dans son programme "Clean Network". Dévoilé en août, il vise à créer une alliance entre les entreprises de télécommunications mondiales qui s'opposeront aux opérateurs télécoms ou de Cloud et éditeurs de logiciels et d'applis chinois comme TikTok.

La réponse de Huawei a été rapide. "Huawei est victime d'une campagne américaine qui continue d'éroder la puissance de ce grand pays, et le bien qu'elle pourrait faire pour le monde", a déclaré un porte-parole au site Euractiv.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco