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Vers la fin des voitures essence à Paris en 2030

La municipalité voudrait bannir de la capitale les voitures à essence à partir de 2030. La mairie de Paris explique plancher à des alternatives pour parvenir à "la fin des énergies fossiles".

La capitale bientôt débarrassée des fumées de pots d'échappement? Après avoir annoncé l’interdiction des véhicules diesel en 2024, la mairie de Paris poursuit sa politique de réduction de la voiture et s'attaque aux véhicules essence. En 2030, ils ne pourront plus circuler dans la capitale.

Comme l'a d'abord révélé Franceinfo, la mesure a été présentée mercredi aux membres du comité de pilotage du plan climat. Et la décision pourrait être actée avant la fin de l’année, puisque le débat au Conseil de Paris - que l’on imagine animé - devrait avoir lieu aux alentours du 20 novembre. 

Pas une "mesure anti-automobile"

Invitée à réagir, la mairie rejette le terme "d'interdiction". Pourtant, l'objectif poursuivi conduira bien à la fin de la voiture essence dans la capitale. Cette décision qui sera mise en oeuvre en 2030 intervient dans le cadre du plan climat de Nicolas Hulot. Ce dernier vise à mettre fin aux énergies fossiles d'ici 2040. La mairie de Paris explique vouloir prendre les devants. 

"La Ville de Paris va donc inscrire un objectif de fin du diesel sur son territoire en 2024 et de l'essence en 2030", résume la municipalité dans la communiqué.

"Nous pensons que nous pouvons avoir la fin des énergies fossiles pour ce qui concerne les véhicules à Paris dès 2030. Il ne s'agit pas d'une mesure anti-automobile, il s'agit d'une mesure qui vise à organiser la transition énergétique et à faire en sorte que les véhicules qui circuleront demain, à cet horizon 2030, soient des véhicules propres et neutres en terme de carbone", explique Christophe Najdovski, maire-adjoint en charge des Transports.

Les véhicules électriques plébiscités

Dans un communiqué, le groupe Les Républicains au Conseil de Paris a regretté des "effets d'annonce" de l'exécutif et l'absence d'anticipation. "La Maire de Paris n'a pas de stratégie à la hauteur de ce défi. La capitale ne comporte pas à ce jour les infrastructures pour supporter cette mutation. Les bornes de recharges en gaz naturel de véhicule est anecdotique et le réseau électrique est sous dimensionné pour permettre le rechargement des voitures"

La Ville dit de son côté plancher sur des solutions et le développement d'alternatives comme le renforcement d'aides financières pour aider les particuliers et les professionnels à acheter des véhicules propres. La municipalité précise enfin que "des échanges avec les constructeurs automobiles vont se poursuivre dans les prochains mois" pour "les associer pleinement à cet objectif". 

Depuis le début de la mandature d'Anne Hidalgo, la maire de Paris a entrepris une politique de réduction de la voiture, avec des initiatives telles que la piétonnisation des voies sur berge ou encore la "journée sans voiture". Des mesures qui suscitent un certain agacement des automobilistes, mais qui s'inscrit dans la logique du Paris 100% renouvelables en 2050, voulue par l'édile. 

Y.D, C.B