BFMTV

Un an après la fermeture des voies sur berge, l'effet mitigé sur la pollution

Airparif a dévoilé ce mardi son étude d'impact sur la qualité de l'air, un an après la piétonnisation des voies sur berge. La pollution a seulement diminué sur cet axe fermé à la circulation avec peu d'effets sur la qualité de l'air à l'échelle de Paris.

La pollution baisse, mais pas partout. Un an après la fermeture de la voie Georges Pompidou à la circulation, Airparif dresse un bilan en demi-teinte du dispositif mis en place par la mairie de Paris.

L'organisme de surveillance de la qualité de l'air en Ile-de-France note bien une amélioration de la qualité de l'air, mais uniquement le long des quais piétonnisés rive droite. A cet endroit, et comme Airparif l'avait déjà noté au printemps, la pollution diminue assez logiquement de 25%. 

Itinéraires de report et carrefours plus pollués

En revanche sur les quais hauts, la qualité de l'air a tendance à se dégrader. Airparif note des hausses de pollution de 1 à 15% en fin de zone piétonnisée vers l'est parisien, au niveau du quai Henri IV, puis le long du quai de Bercy. La pollution augmente aussi de 1 à 5% sur les quais hauts, particulièrement au niveau des carrefours dont la congestion s'est accrue et sur les itinéraires de report, comme le boulevard Saint-Germain.

En réalité, l'impact de la fermeture des voies sur berge est très localisé et n'a eu que peu d'effets à l'échelle de la capitale. D'après Airparif, la qualité de l'air n'est ni meilleure ni moins bonne qu'avant la piétonnisation.

"Avant et après, il y a peu de différence en termes d'exposition de la population. On ne voit pas d'impact ni à la hausse ni à la baisse sur la pollution atmosphérique liée à cette modification de voirie", résume Frédéric Bouvier, directeur général d'Airparif. 

Un bus pour "offrir une alternative supplémentaire"

Pour la mairie de Paris, l'expérience reste malgré tout concluante. La municipalité retient que "la piétonnisation de la rive droite n'a pas eu d'effet négatif sur la qualité de l'air". L'exécutif parisien entend poursuivre son objectif de réduction de la pollution.

"Ce que nous souhaitons, c'est qu'on puisse travailler sur les quais hauts et proposer d'avoir un bus à haut niveau de service qui pourrait préfigurer peut-être un tramway, de manière à offrir une alternative supplémentaire, et faire en sorte qu'on ait bien une réduction de la pollution", explique Christophe Najdovski, maire-adjoint en charge des Transports. 

La ville se dit "prête à construire les aménagements et voirie nécessaires, mais Valérie Pécresse et le Conseil régional, en charge des transports en commun, doivent confirmer qu'ils prendront bien leur part dans ce projet". Pour l'instant, ce projet ne figure pas dans les plans d'investissements de la région et d'IDF Mobilités (ex-Stif).

Carole Blanchard