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Un mois après la fin d'Autolib', les abonnés sont nostalgiques

Il y a tout juste un mois disparaissait le service d'autopartage Autolib'. Depuis, les abonnés n'ont pas trouvé d'alternatives. Rencontre avec ces nostalgiques de la petite voiture électrique.

Un mois sans Autolib'. Le 31 juillet dernier, le groupe Bolloré a débranché le système d'autopartage créé en 2011 dans Paris et sa région, après un conflit avec la mairie de Paris et le Syndicat Autolib' Vélib' Métropole.

Les abonnés, restés sur le carreau, regrettent déjà les voitures électriques partagées comme Nicolas, chef d'entreprise d'une société de production audiovisuelle à Vélizy-Villacoublay. Avec sa femme, ils étaient de fervents utilisateurs d'Autolib'.

"Je vais très souvent à Paris pour voir mes clients ou sur des tournages, donc j'ai des valises, ce n'est vraiment pas évident de se déplacer en transports en commun quand on est chargé. Pour moi, Autolib' c'était la solution idéale. Tu savais où tu allais, tu savais que tu pouvais réserver ta place. C'est encore mieux que d'avoir sa propre voiture. C'était un peu comme si tu donnais tes clés à un voiturier en arrivant", explique-t-il. 

"On recommence à zéro"

Pour se rendre dans la capitale s'il emprunte les transports en commun, il lui faut prendre le tramway, le RER et enfin le métro. D'autres services d'autopartage doivent bientôt faire leur apparition, notamment celui de Renault, que le constructeur doit lancer en septembre.

Mais tous semblent miser sur le "free-floating", c'est-à-dire sur des services de voitures sans borne de stationnement. L'avantage est de pouvoir se garer sur n'importe quelle place de stationnement mais Nicolas, l'ancien abonné Autolib' reste sceptique sur ce système.

"C'est un retour en arrière! On avait de l'avance et là on recommence à zéro. Le free-floating c'est une solution palliative mais l'idéal c'est d'avoir à nouveau des stations dédiées à des voitures électriques, que tu peux prendre quand tu as envie et quand tu as besoin", poursuit ce nostalgique d'Autolib'. 

"C'est comme si je n'avais plus de voiture"

Pour Daniel, un ancien utilisateur d'Autolib', abonné depuis 2012, la fin de ce service d'autopartage est aussi un gâchis.

"C'est dommage, maintenant c'est comme si je n'avais plus de voiture. Je ne suis plus libre de mes mouvements", regrette celui qui conserve sa carte d'utilisateur en souvenir. 

La fin d'Autolib' a aussi eu des conséquences sur les particuliers ou les entreprises qui utilisaient le réseau de bornes Autolib' pour recharger leurs voitures électriques. Ces bornes, propriétés des communes sont désormais à l'arrêt, laissant un vide pour ceux qui possèdent une voiture électrique. A Paris, la mairie souhaite pouvoir les remettre à disposition des Franciliens pour recharger leurs véhicules d'ici au début de l'année 2019. 

C. B avec Simon Azélie