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Stations vides, vélos cassés... la déroute de Vélib’, à l’épreuve de la grève

Depuis le début de la grève, de nombreux Franciliens se sont reportés sur le Vélib'. Mais le service peine à suivre pour entretenir les vélos, le nombre de deux-roues a diminué en stations.

Faute de transports en commun, les Franciliens sont nombreux à utiliser les autres modes de transports alternatifs et notamment le Vélib'. Les vélos parisiens en libre-service ont enregistré une fréquentation deux à trois fois supérieure à la normale, avec des pics à plus d'un million de courses par semaine.

Mais alors que Vélib' était déjà confronté à des difficultés d'utilisation, les usagers font part de leur découragement après plus d'un mois de grève. De nombreuses stations sont vides et trouver un Vélib' en état de rouler relève de l'exploit. 

"Il y a des bugs dans l'application, des dégradations, des câbles de frein pétés... beaucoup de choses qui ne vont pas bien", déplore un utilisateur. "J'ai remonté la rue Damrémont depuis le nord jusqu'à la place de Clichy, 4 stations Vélib', absolument aucun Vélib'. C'est pas terrible, ce serait mieux s'il y avait plus de Vélib'", résume un autre cycliste. 

Plus de réparations et moins de vélos 

Victime de son succès, Vélib' est à la peine et la maintenance a du mal à suivre. Les 700 vélos réparés chaque jour ne sont pas suffisants et le nombre de vélos en station est en baisse, 11.000 contre 16.000 avant le début du mouvement, selon l'opérateur. 

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"On n'arrivait pas à suivre l'usure des 16.000 vélos. C'est pour ça qu'aujourd'hui on arrive à un nombre à peu près stable de 11.000 vélos, que là on arrive à tenir en terme de maintenance", explique Jacques Greiveldinger, directeur général de l'opérateur Smovengo. 

"Un simple vélo qui faisait 15 km avant la grève fait aujourd'hui 50 km par jour. Deux à trois fois plus d'utilisation, ça veut dire deux à trois fois plus de maintenance et effectivement, on a du mal à réparer deux à trois fois plus nos vélos pour une raison simple, nos salariés ont les mêmes difficultés que les autres à venir travailler", justifie le patron de Smovengo. 

L'opérateur a adressé ce week-end un mail à ses usagers pour expliquer ses difficultés. Des difficultés qui pourraient profiter à la concurrence, également très sollicitée depuis le début de la grève

Florian Chevallay, Maïmouna Barry avec Carole Blanchard