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Radars dégradés: une facture de 360 millions d’euros

A peine installés, les nouveaux radars tourelles ont été vandalisés depuis le début de l’été. Comme les anciennes cabines. La facture globale, depuis le début du mouvement des gilets jaunes, grimpe à 360 millions d’euros.

Ils doivent être 400 à 450 sur le long des routes d’ici la fin de l’année. Mais pas sûrs qu’ils soient tous en état de fonctionnement. Les tous nouveaux radars tourelles subissent en effet depuis le début de l’été des dégradations, dès leur installation au bord des routes.

Or, ces nouveaux radars viennent souvent remplacer les anciens, eux aussi largement vandalisés ces derniers mois. En conséquence, la facture grimpe: 360 millions d’euros depuis le début du mouvement des gilets jaunes, selon des chiffres que s’est procuré Le Parisien ce vendredi, et que nous confirme la Sécurité Routière.

300 millions d'euros de recettes en moins

Le gros de cette facture représente surtout le montant des PV qui n’ont pas été dressés: 300 millions d’euros, selon une estimation des pouvoirs publics. Les 60 millions restants portent eux sur les réparations, suite aux dégradations.

Le coût de réparation d’un radar peut en effet aller du simple au double, selon le type de radar: de 60 à 120.000 euros. Selon des chiffres que nous avait fourni la Sécurité Routière en décembre, lors d’une année normale comme 2012, le coût du vandalisme (donc des réparations) était de 22,86 millions d’euros sur l’année. Le coût des réparations est notamment pris sur les recettes tirées des amendes d’infractions routières.

"Les pouvoirs publics prennent très au sérieux ces actes de vandalisme, commis parfois par de véritables commandos. Il s'agit d'une toute petite minorité d'individus qu'il faut arriver à stopper. A chaque fois qu'un radar est abîmé ou détruit, une enquête est systématiquement lancée. Lorsque des gens sont interpellés, ils risquent très gros", explique ce vendredi dans Le Parisien Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité Routière.

"C’est un délit réprimé par les articles 322-1 et suivant du code pénal. En règle générale, tout acte de vandalisme (destruction, la dégradation, détérioration) contre un bien appartenant à autrui est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende", est-il précisé sur le site de la sécurité routière. Mais les sanctions peuvent être bien plus élevées: entre 5 à 7 ans d’emprisonnement, et une amende grimper jusqu’à 100.000 euros.

Pauline Ducamp