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Nissan Ariya: un SUV 100% électrique pour sortir de la crise

Ce crossover sera lancé en version 100% électrique.

Ce crossover sera lancé en version 100% électrique. - Nissan

Nissan vient de dévoiler son premier SUV 100% électrique

Le constructeur automobile japonais Nissan, en grande difficulté, a dévoilé ce mercredi un nouveau modèle 100% électrique, le crossover Ariya, censé ouvrir un "nouveau chapitre" dans l'histoire du groupe, selon son directeur général Makoto Uchida.

Une relance par l'électrique

Nissan n'a plus sorti de nouveau modèle (hors renouvellement de modèles existants) depuis la Nissan Kicks en 2016, modèle qui n'est pas commercialisé en Europe. Ariya est aussi son premier modèle 100% électrique visant le marché automobile grand public depuis la Nissan Leaf, dont la première version est sortie il y a dix ans.

Le crossover 100% électrique affiche un look moderne.
Le crossover 100% électrique affiche un look moderne. © Nissan

"Ariya ouvre un nouveau chapitre" dans l'histoire de Nissan et "va donner le ton des futurs véhicules" du groupe, a déclaré Makoto Uchida lors d'une présentation en ligne depuis Yokohama, où est situé le siège mondial du groupe.

Ce modèle "unit nos deux grandes forces: les véhicules électriques et l'expertise dans les crossover", a ajouté Makoto Uchida, qui a aussi dévoilé mercredi une version modernisée du logo de Nissan. Ariya promet une autonomie allant jusqu'à 610 kilomètres d'après les normes de tests au Japon (jusqu'à 500 km selon la norme WLTP). Elle existera en version deux ou quatre roues motrices, et en deux tailles de batteries électriques, 63 ou 87 kWh.

Lancement mondial de l'Ariya en 2021

Nissan compte démarrer sa commercialisation au Japon à partir de mi-2021, pour un prix d'environ 5 millions de yens (40.900 euros), avant de la vendre en Europe, en Amérique du Nord et en Chine d'ici fin 2021, selon un communiqué.

Le 1er SUV électrique de Nissan modernisera
Le 1er SUV électrique de Nissan modernisera © Nissan

Très fragilisé par une image ternie, avant même l'éviction retentissante de son grand patron Carlos Ghosn fin 2018, accusé de malversations financières au Japon et qui a fui au Liban fin 2019, Nissan a souffert d'un manque de renouvellement de ses modèles.

Sur son dernier exercice 2019/20, clos au 31 mars, l'allié du français Renault et de son compatriote Mitsubishi Motors, touché de plein fouet par la crise mondiale provoquée par la pandémie de Covid-19, a subi une énorme perte nette de 671,2 milliards de yens (5,7 milliards d'euros). Le groupe a annoncé fin mai l'intensification d'un vaste plan de restructuration visant désormais à réduire d'environ 20% ses capacités de production mondiales d'ici mars 2024, en passant notamment par la fermeture de ses sites à Barcelone, en Espagne.

Dans le même temps, Nissan s'est fixé pour objectif d'écouler plus d'un million de véhicules électrifiés par an (100% électriques et hybrides) à partir de 2023/24, contre 200.000 unités en 2019/20. "C'est un gros chiffre", mais Nissan pourrait s'en rapprocher étant donné que la Chine a récemment adopté un programme plus favorable pour les véhicules hybrides, estime Tatsuo Yoshida, analyste automobile de Bloomberg Intelligence interrogé par l'AFP.

Cependant "Nissan était un pionnier de l'électrique avec la Leaf, mais ce n'est plus le cas maintenant et la concurrence est devenue intense" dans ce segment, relève encore Makoto Yoshida. Au-delà de l'Ariya, Nissan prévoit de lancer 7 autres véhicules 100% électriques d'ici 2023, en visant prioritairement les marchés japonais, chinois et européen. Tous types de motorisations confondus, le groupe compte par ailleurs lancer 12 nouveaux modèles dans les 18 prochains mois.

Julien Bonnet, avec AFP