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Trottinettes, gyroroues, hoverboards: des usagers vulnérables et pas toujours bien protégés

Des trottinettes dans Paris

Des trottinettes dans Paris - Philippe LOPEZ / AFP

Selon une étude, les utilisateurs d'engins en libre-service sont plus vulnérables, car moins bien protégés et informés, que les propriétaires.

Trottinettes électriques, gyroroues, skateboards électriques, hoverboards et autres gyropodes font désormais partie du paysage urbain. Ces nouvelles 'micro-mobilités', nouvelles venues dans les rues, ont rapidement trouvé leur public: un Français sur dix assure en être un utilisateur régulier, au moins une fois par mois, selon une étude menée par Smart Mobility Lab pour la Fédération Française de l'Assurance, Assurance Prévention et la Fédération des Professionnels de la Micro-Mobilité.

La trottinette électrique est l'engin le plus plébiscité – 13% des répondants l'utilisent au moins une fois par mois – même si elle reste encore loin du vélo (42% d'utilisateurs réguliers) ou des transports en commun (71%).

Si ces nouveaux moyens de transports urbains sont difficilement comparables en termes d'usage, en raison de leur pluralité, c'est entre les propriétaires et les utilisateurs en libre-service, le 'free-floating', que se dessine un clivage plus net. Les propriétaires de trottinettes électriques, dont les deux tiers ont déjà parcouru plus de 1000 kilomètres selon les auteurs de l'étude, l'utilisent pour leurs déplacements professionnels et scolaires, au contraire des 'free-floateurs' qui privilégient un usage occasionnel, sur des distances plus courtes, davantage tourné vers les loisirs.

Une différence que l'on retrouve au niveau de la sécurité: lors d'un accident impliquant l'un de ces nouveaux engins, les trottinettes privées sont plus souvent concernées (37%) que celles en libre-service (25%). Mais cela s'explique avant tout par une meilleure pénétration des premières sur le marché de la micro-mobilité, et donc mécaniquement une plus grande accidentalité: les auteurs de l'étude soulignent en effet que les loueurs en 'free-floating' sont moins souvent victimes et plus souvent responsables de chutes ou de collision que les propriétaires.

Casques et équipements rétro-réfléchissants

D'autant que les utilisateurs en libre-service sont plus vulnérables, car moins bien protégés, que ces derniers. Ils ne sont que 9% à porter un casque ou 15% à porter des équipements rétro-réfléchissants, contre 86% et 62% des propriétaires. Ils sont par ailleurs bien moins informés sur les réglementations en vigueur: plus de la moitié des 'free-floateurs' ignorent l'interdiction de circuler sur les trottoirs, contre seulement 17% des propriétaires. Ils sont presque autant à ne pas connaître la limitation à 25 km/h (contre 14% des utilisateurs d'engins privés).

Tous engins confondus, les adeptes de la micro-mobilité sont les usagers de l'espace public qui s’estiment les moins en sécurité pour leurs déplacements quotidiens, précise l'étude, craignant particulièrement les poids-lourds et les automobiles.

Jérémy Bruno