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Les vélos et trottinettes de Jump en voie de disparition à Paris

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Les vélos et trottinettes rouges de Jump ont quasiment disparu de la capitale. Une conséquence du rachat de cette filiale d'Uber par Lime, une autre entreprise de micro-mobilité, en attendant les résultats de l'appel d'offres visant à ne conserver que trois opérateurs à Paris.

Fin de parcours pour Jump à Paris. Ce lundi 15 juin, on dénombrait seulement 217 vélos à assistance électrique en service, d'après le blog spécialisé Shared Micromobility. Une forte réduction de l'offre disponible, cette même source en comptait encore 2700 en service le 7 juin dernier. Sur l'application Uber, propriétaire de Jump, seuls quelques vélos sont en effet encore disponibles à la location. 

Un mouvement déjà observé dans d'autres villes européennes, comme Rome ou Londres, où plus aucun vélo ne serait désormais disponible.

Que vont devenir les vélos et trottinettes Jump?

Principale explication: le rachat récent de Jump par Lime, entreprise américaine spécialisée dans la trottinette en libre-service et actuellement en service à Paris.

"Comme annoncé le mois dernier, Lime a acquis les opérations et les véhicules de Jump. Le partenariat n’est pas encore conclu en Europe mais nous avons déplacé la majorité de nos vélos et trottinettes dans nos entrepôts en préparation du transfert des opérations à Lime", a réagi un porte-parole d'Uber.

A priori, les vélos et trottinettes de Jump pourront donc être réutilisés par Lime. Une reconversion attendue après les images de nombreuses bicyclettes détruites aux Etats-Unis, plutôt que d'être réutilisées dans les villes où le service s'est déjà arrêté.

"Jump s'est expliqué en arguant du fait que ces vélos, nécessitant une maintenance et des outils particuliers, ne pouvaient être donnés à des associations ou revendus", indique un article du Parisien.

En Europe, où le rachat doit encore obtenir le feu vert des autorités, Lime chercherait bien à racheter l'ensemble de la flotte de Jump, souligne le quotidien britannique The Telegraph. L'entreprise est en effet bien consciente que ces images de véhicules détruits en masse ternit l'image de moyen de transport "vertueux" que veulent mettre en avant les différents opérateurs. 

Dernière ligne droite pour l'appel d'offres à Paris

Cet argument de la reprise de la flotte de Jump pourrait être un atout dans la candidature de Lime pour faire partie des trois opérateurs qui pourront continuer à proposer la location de trottinettes à Paris. La capitale devait en effet trancher sur les trois entreprises retenues début juin et les informer de sa décision, pour un démarrage de cette nouvelle offre encadrée au début de l'été. On ignore pour le moment si le choix a été fait et communiqué aux intéressés mais la décision pourrait être repoussée aux lendemains du second tour des municipales. Chaque opérateur pourra exploiter jusqu'à 5000 trottinettes. 

Côté vélos en libre-service, tous les opérateurs comme Mobike, Ofo ou encore Gobee Bike se sont visiblement cassés les dents et ont déserté la capitale. Seul Vélib', en libre-service mais avec des bornes, reste actif pour louer un vélo à la demande à l'échelle du Grand Paris.

Après des débuts difficiles, le service semble (re)trouver son public. La semaine dernière, le syndicat Velib' Métropole communiquait sur le fort succès rencontré depuis le début du déconfinement. Parmi les chiffres évoqués: une flotte qui compte actuellement 19.000 Vélib', avec 58% des courses effectuées sur les modèles à assistance électrique, de couleur bleue. Ces derniers parcourent en moyenne 45 km par jour et permettent d'accompagner la mobilité post-confinement et la fréquentation limitée des transports en commun.

Julien Bonnet