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Où sont passés les vélos Ofo?

Des vélos Ofo déployés près des stations de tramway

Des vélos Ofo déployés près des stations de tramway - ERIC PIERMONT / AFP

Les vélos jaunes du géant chinois Ofo ont quasiment disparu de Paris. L’entreprise explique avoir mis son service "en pause".

Les Ofo ont déserté Paris. Dans l’application qui permet normalement de localiser et de déverrouiller les vélos jaunes de l’entreprise chinoise, la carte de Paris reste désespérément vide. A certains coins de rue, on peut encore tomber sur l'épave d'un vélo jaune, mais rien à voir avec les quelque 2.500 vélos disponibles cet été.

Au mois d’octobre, Ofo, le leader mondial du vélo partagé sans station se targuait même d’avoir atteint 1 million de trajets à Paris. Cet automne, Ofo avait également mené une expérimentation avec la RATP en proposant aux voyageurs de compléter leur trajet de tramway grâce à ses vélos jaunes.

Mais depuis, silence radio. Sur Twitter, quelques utilisateurs s’étonnent de ne plus pouvoir utiliser le service et interpellent Ofo. Le compte Twitter France de l’entreprise qui répondait auparavant aux sollicitations des utilisateurs est lui aussi à l’arrêt. 

Service "en pause"

Contactée, l’entreprise Ofo explique que son service parisien n’est pas définitivement à l’arrêt mais "en pause". Un porte-parole du groupe indique que la reprise du service est suspendue à des décisions en Chine: "Ofo est une entreprise chinoise qui a des sujets à régler sur son territoire avant de décider de l'avenir de son activité à l'international".

"On a retiré beaucoup de vélos et on va continuer à le faire. On manque de visibilité pour donner une date de reprise. On en profite pour faire de la maintenance", ajoute ce porte-parole.

Pendant cette "pause", les abonnements à renouvellement automatiques ont été suspendus. Le service client traite aussi les demandes de remboursement des utilisateurs ayant ajouté des crédits sur leur compte.

Ofo espère rester à Paris

Ces derniers mois, plusieurs entreprises de vélos sans borne ont jeté l’éponge à Paris. Il y a près d’un an, c’était le cas pour Gobee.bike, incapable de faire face au vandalisme de ses bicyclettes, suivi d’oBike avec ses vélos gris et orange.

Même si ces entreprises de free-floating sont arrivées à un moment propice, celui de la vacance du Vélib’, elles ont également dû faire face à la concurrence des trottinettes électriques en libre-service. A l’heure où Vélib’ semble regagner du terrain avec un nombre de courses en hausse, seule l’entreprise Mobike continue de proposer un service de vélos sans borne à grande échelle. 

Ofo espère de son côté pouvoir être à nouveau opérationnel prochainement. “Ca s’est plutôt bien passé à Paris. Avec 1 million de trajets, un service rentable, on pense qu’on a trouvé un modèle de free floating qui fonctionne”, commente Ofo en France.

D'ici là, d’autres services de vélos sans borne devraient faire prochainement leur entrée à Paris à commencer par celui d'Uber. Le géant des VTC pourrait cette fois se démarquer en proposant à partir de début 2019 un service de vélo électrique en libre-service baptisé Jump.

Carole Blanchard