BFM Business

Les petites citadines vont-elles disparaître?

Les petites citadines sont-elles condamnées à disparaître? C’est la question que se posent les dirigeants du secteur automobile. La raison : le durcissement des normes européennes en matière de CO2.

Les petites citadines sont-elles condamnées à disparaître? C’est la question que se posent les dirigeants du secteur automobile. La raison : le durcissement des normes européennes en matière de CO2. - ANDREAS SOLARO / AFP

Si les ventes des petites citadines restent stables depuis le début de l’année, le durcissement des normes européennes en matière d’émissions de CO2 menace leur avenir.

Les petites citadines sont-elles condamnées à disparaître? C’est la question que se posent les dirigeants du secteur automobile. La raison: le durcissement des normes européennes en matière de CO2, qui visent à réduire de 30% les émissions d’ici 2030

Augmenter les prix de 30%?

Cette affirmation semble a priori contre-intuitive, une petite voiture consommant moins qu'une grande, émettant donc moins de CO2. Mais la nouvelle obligation se montre si drastique qu'elle demande l’installation de systèmes de dépollution plus performants sur tous les modèles. Et ce pour respecter dès l’an prochain une moyenne de 95 grammes de CO2 émis par kilomètre sur toute la flotte de voitures vendues.

Mais qui dit système plus performant, dit aussi voiture plus chère. Une équation difficile à résoudre sur des modèles dont les premiers prix tournent autour des 10.000 euros. C’est toute la problématique soulevée par Herbert Diess dès 2017. Dans une interview au magazine anglais Autocar, le directeur de la marque Volkswagen s’interrogeait sur l’avenir de sa citadine Up.

"Sur les petites voitures, il est très difficile de faire passer leurs émissions de CO2 sous la barre des 95, voire 93 grammes de CO2 par kilomètre, sans ajouter un maximum de coûts", indiquait alors Herbert Diess.

Ce maximum: environ 3500 euros de plus, chiffrait-il dans le Handelsblatt. Une facture difficile à faire passer sur une voiture vendue 11.450 euros maximum en France. Les constructeurs ont déjà réduit la voilure sur les citadines. Depuis plusieurs années, ils ne proposent plus de motorisation diesel. La Up n’est ainsi plus vendue qu’avec un seul moteur essence, un bloc 1.0 de 60 chevaux. Idem pour le trio Citroën C1-Peugeot 108-Toyota Aygo, qui ne sont désormais commercialisée qu'avec un moteur essence 1.0.

Un marché français sous perfusion

PSA Peugeot Citroën fait partie des leaders de ce segment, avec 18% de ce marché en Europe, au premier semestre, selon des chiffres recensés par CarIndustryAnalysis. 31% des 660.300 citadines vendues en Europe au 1er semestre étaient cependant estampillées Fiat.

Le modèle le plus vendu, c’est la Panda, qui n’est pourtant pas récente. 105.896 exemplaires ont été écoulées, un tout petit plus que la 500 (101.543 unités). C’est une hausse de 15% par rapport à l’année précédente. Au-delà du prix très compétitif pour une voiture neuve, certains acheteurs ont aussi été séduits par des politiques incitatives. Comme la prime à la conversion en France.

La Panda a été l’un des modèles neufs favorisés par ce dispositif. Comme la Citroën C1. Selon Amaury de Bourmont, directeur des ventes chez Citroën, 40% de C1 ont été vendues l’an dernier grâce à la prime à la conversion, précise L'Argus Pro. Lors du changement de régime pour la prime début août, Fiat s’est d’ailleurs empressé de communiquer sur la Panda, toujours éligible au nouveau dispositif.

Un avenir 100% électrique?

Une seule solution pérenne semble se dessiner pour ces petits modèles: l’électrique. Seat et Skoda ont ainsi déjà annoncé que leurs petits modèles, les Mii et Citigo, seront uniquement électriques. Idem pour leur cousine allemande, la Up! ne sera plus dès l’année prochaine commercialiser qu’en électrique. Une question se pose aussi pour la Citroën C1, pouvait-on lire en fin d'année dernière sur le site spécialisé Automotive News.

Dernière annonce en date: Fiat lancera une 500 électrique l’an prochain, avant une Panda électrique en 2023, explique Olivier François, patron de Fiat, dans le magazine Autocar. Les prix de la 500 devraient cependant augmenter, laisse supposer Olivier François, afin de couvrir un autre surcoût : celui lié à l’électrification.

Pauline Ducamp